Tout le mal que je pense de la convention citoyenne

Puis-je exprimer ici tout le mal que je pense de la convention citoyenne sur le climat ?

En premier lieu, je regrette que son objet ait été celui du dérèglement climatique, alors que ce problème, évidemment gravissime, n’est que la conséquence de notre modèle de développement et des dégâts écologiques induits. Le gouvernement prétend donc s’attaquer à la fièvre du malade, mais pas vraiment à sa maladie, montrant qu’il a compris l’impérieuse nécessité de permettre à l’humain de survivre, mais sans remettre en cause la société d’hyper consommation et de gaspillage ni aucun des dogmes économiques qui condamnent la planète. Car que l’homme trouve des solutions pour limiter la fièvre du globe ne changera pas grand-chose aux conséquences fatales, pour la vie des autres espèces, de son développement irrespectueux de son environnement. Cette convention prend donc le problème par son mauvais bout. En second lieu, on doit regretter les conditions mêmes de nomination des membres de la convention, car on a ici raté l’occasion d’une démarche démocratique innovante, par exemple en mettant en œuvre une expérience de « démocratie délibérative ». Ici, le tirage au sort final qui a permis de sortir 150 noms du chapeau, a été fait sur un échantillon construit par l’administration et censé représenter l’ensemble de la population. Mais comment expliquer que M. Cohn-Bendit se soit trouvé « tiré au sort » avant de décliner ? Comment expliquer Cyril Dion ait été, lui aussi, plus favorisé par le sort que quelques autres millions de Français ? Comment comprendre que la convention ait validé à une confortable majorité la réduction de la vitesse sur les autoroutes, alors que les trois quarts de la population y sont opposés. Ces membres, non représentatifs, ont donc été tirés au sort après tamisage dans des conditions surprenantes, et n’ont pu, à l’évidence délibérer librement. Car, c’est le troisième point, la convention a été étroitement encadrée par un comité de gouvernance à la main du gouvernement qui a élaboré le programme de travail et veillé à sa mise en œuvre. Ce comité s’est appuyé sur de nombreuses interventions d’experts pour diriger (dans tous les sens du terme) ses travaux. Ce qui explique que le Président de la République ait pu trancher, sans délai, sur les propositions d’un comité, puisqu’il connaissait déjà ces propositions qui sont celles préparées par l’administration et sur lesquels les membres, après qu’on leur ait bien briffé, ont eu à voter et à apporter une caution. D’ailleurs, on retrouve la « patte » de l’administration dans cette idée de créer de nouvelles taxes qui devront, comme cela a été dit, être affectées à la lutte contre le réchauffement climatique. Je comprends que dans notre pays qui croule sous les dettes, qui a vu cette année s’ajouter à son déficit structurel les dépenses exorbitantes du covid, on va créer de nouveaux postes de dépenses qui seront financées par de nouveaux prélèvements, pour payer, n’en doutons pas, de nouveaux « machins », et salarier encore plus de fonctionnaires. Alors qu’il aurait fallu, dans le contexte de crise que nous connaissons, faire des économies drastiques partout où cela était possible, renoncer à des priorités devenues secondaires, baisser le nombre de fonctionnaires dans toutes les activités non créatrices de richesses, et affecter une partie importante des économies faites aux investissements permettant de produire autrement : plus durablement, avec moins de gaspillages, et beaucoup moins de rejets carbonés. Mais à l’heure du projet de prolongement de la CRDS sur plusieurs décennies, on va encore plus mettre à contribution les Français. Il faut donc dénoncer cette opération de com macronienne et rester vigilant sur les propositions faites. On nous parle d’en faire un référendum. Est-ce à dire que le pouvoir reconnaît que les décisions de ce comité n’ont rien de démocratique ?