C’est le progrès – 10 avril 16

C’est le progrès ! Quelques raisons de ne pas désespérer de notre modernité…

La semaine passée :

Le Président Hollande a remercié officiellement les lanceurs d’alerte d’avoir informé son ministre de l’économie des agissements illégaux de certaines banques françaises au Panama. C’est la moindre des choses pour celui qui se qualifiait, mais il y a si longtemps, d’ennemi de la finance[1] – elle a d’ailleurs dû trembler, la finance ! M. Sapin l’ignorait donc : ses services ne l’avaient pas informé, et c’est vrai qu’il ne sort qu’à Noël. Pourtant, la chose avait été dénoncée depuis une dizaine d’années par des articles et des livres ; mais M. Sapin, retranché dans son bureau capitonné de Bercy, protégé des turpitudes mondaines, n’avait rien vu, rien lu, rien entendu. Mais maintenant que la chose est dénoncée, vous allez voir ce que vous allez voir, la finance peut trembler…

A ce propos, j’apprends que le gouvernement confirme que, pour libérer les gendarmes de ces tâches et les affecter à la sécurité, le racket[2] des automobilistes sera désormais confié à des sociétés privées qui patrouilleront à bord de véhicules banalisés équipés de radars invisibles. Ne doutons pas que ces contractuels ne soient alors directement rattachés à Bercy. La rationalisation, c’est l’autre nom de la modernité.

Mais, il n’y a pas que l’argent qui préoccupe le gouvernement, il y a aussi le sexe. Le 7 avril, nos députés ont entériné une loi pénalisant les clients des prostitués. Il y aurait beaucoup à dire, quitte à se répéter, sur ce vrai sujet, philosophique. Mais cela ne semble pas passionner la représentation nationale. La presse a rendu compte de l’adoption de  la loi. Remarquons quand même, que sur 577 députés, 87 ont votés, pour ou contre. Le texte a donc été adopté démocratiquement, à la majorité de 64 voix. Mais avec un taux d’abstention de 84,9 %. On qualifie cela de « démocratique », et les citoyens doivent accepter de voir prélever sur les richesses qu’ils créent, laborieusement, des sommes extravagantes pour maintenir ce système et permettre aux représentants de la nation d’aller à la pêche (peut-être aux voix), plutôt que de voter – peut-être étaient-ils partis au Bois de Boulogne, pour s’informer ?

Du sexe à la mort, glissons sur un sujet plus gai. J’apprends que les exécutions de condamnés à mort ont cru de plus de 50% en 2015, battant un record d’un quart de siècle. Citons sur la plus haute marche du podium, avec 977 exécutions, nos nouveaux amis iraniens reçus récemment en grande pompe en Europe ; le Pakistan suit, puis le royaume saoudien, grand ami de nos amis états-uniens, et les États-Unis justement qui, avec 28 minables exécutions, font pâle figure. Mais, il est vrai que tout n’est pas comptabilisé et que, par exemple, les centaines d’égyptiens arrêtés par la police politique du bon Maréchal Sissi en 2015, et que personne ne reverra jamais, ne sont pas pris en compte.

Et puis, il y a « Nuit debout ».

 

Rien n’arrêtera le progrès !

[1]. Déclaration faite devant 25 000 personnes, au Bourget, en janvier 2012 : « Mon véritable adversaire, il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera jamais élu et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance ».

[2]. Je recopie Wikipédia : « Le racket (taxage au Québec) est ce que le code pénal nomme « vol avec violence » ou « extorsion ». Le racketteur exige de sa victime de l’argent, des objets ou des vêtements en le menaçant. Il fait généralement usage de la force physique, de menaces ou de chantage. »

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