Le luxe ! ou rien…

On oppose trop souvent et à tort, conservateurs et réformateurs, alors que les réformateurs sont le plus souvent les pires des conservateurs. Quand on veut vraiment changer les choses, on ne procède pas par réforme, laissant cela à ceux qui veulent « tout changer pour que rien ne change ». Car réformer, c’est corriger, donc conserver.

On prétend ainsi réformer les retraites pour ne pas changer de système ; on réforme le système politique en changeant le nom des choses, les têtes ici ou là, mais sans rien remettre en cause ; après chaque crise financière, on réforme le système financier ; aujourd’hui nous sommes confrontés à un problème de développement économique, une impasse, et on en reste à imaginer mettre des cautères sur une jambe de bois.

Il faut cesser de réformer, cesser de réparer, de colmater, d’arranger, de faire perdurer ce qui ne marche pas. Laissons ces idées aux conservateurs macronistes et aux idéologues énarquiens. A un certain moment, il faut « changer de véhicule ». Notre République est en panne : elle est de moins en moins démocratique, de plus en plus liberticide, inégalitaire, injuste, bureaucratique. Mais je sais bien qu’elle distribue postes, honneurs, prébendes, allocations, et que chacun à trop peur de perdre le peu qu’il a – et je ne parle pas de ceux qui ont beaucoup, et parfois trop à perdre. Il faut remettre tout à plat et accepter de prendre ce risque. Je pense qu’on le doit à ceux qui viennent après nous.

 

Non, je ne prétends pas à la Politique, et si je devais avoir un programme, je ne revendiquerais que celui-ci : permettre à chacun d’accéder au luxe. Et cela est parfaitement possible. Mais j’entends le luxe comme réappropriation de l’espace et du temps, c’est-à-dire en fin de compte, de la nature.

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