Mais que font les écologistes ?

Ce n’est pas seulement l’information dramatique, prise au vol ce matin sur les ondes, mais les commentaires associés qui m’ont interpellé. Mais rappelons déjà cette consternante nouvelle. Une jeune adolescente en vacances à La Réunion a été tuée par un requin bouledogue, alors qu’elle se baignait à quelques mètres de la plage. Que dire de plus sur les faits ? Pourquoi commenter l’horreur, l’effroi que cette information peut susciter ? Comment imaginer la douleur des parents, ou s’y associer ? De ce dernier point de vue, la chose est pour moi impensable et tout ce que je pourrais écrire serait en-deçà ou à côté, donc déplacé. Je m’abstiendrai donc : incapacité à dire ou pudeur, c’est selon ce que l’on voudra bien en penser. Mais laissons cela aux journalistes qui doivent bien faire leur métier, et aux politiques qui ne peuvent laisser passer l’information, ni la relation d’un problème, sans donner l’impression qu’ils s’en … Lire la suite…

Et si le temps n’existait pas ?

Je ferme un petit livre d’un chercheur italien nommé Carlo Rovelli et titré de manière énigmatique « Et si le temps n’existait pas ? ». Ce livre, petit par la taille mais par ailleurs passionnant, avalé en quelques heures et avec gourmandise, présente sommairement et de manière très vulgarisée la théorie des boucles dont ce théoricien de la physique (avec le concours de son ami Lee Smolin) est l’inventeur. Et je ne résiste pas au désir d’écrire ces quelques lignes pour pousser ma réflexion sur cette question si complexe de la nature de l’espace, quitte à prendre l’énorme risque, en commentant ce texte, de faire quelques erreurs ; mais sur des sujets aussi pointus, chacun étant naturellement candide est pardonnable de ne pas tout comprendre et de vouloir donc rester à la surface des choses. On sait, depuis que la théorie de la relativité générale est assimilée, que l’espace-temps est un champ, assez comparable au champ électromagnétique … Lire la suite…

Revendication de la liberté de pisser debout (où il sera question de la théorie du genre)

Je me défie d’autant plus des dogmes politiques qu’ils prennent appuis sur quelques évidences difficilement contestables. C’est d’ailleurs un artifice de bonimenteur de foire, que de débiter des évidences pour extorquer l’accord du chaland, et pour ensuite, prenant appuis sur ce premier assentiment, lui vendre ce dont il n’a nul besoin, ou lui faire avaler une pilule amère ou une couillonnade habile. C’est par exemple tout l’art rhétorique d’un Besancenot. La vérité, elle, n’a  jamais besoin de fondements, se contentant d’être, et souvent évanescente ; par contre méfions-nous des architectures branlantes posées sur un socle solide. Mais venons-en plutôt à mon propos et abordons le sujet par ce qui ne devrait pas prêter à discussion. Dans les  sociétés humaines, les statuts et les places relatives des hommes et des femmes procèdent de l’histoire et prennent la forme de la tradition. Et cet habitus a pour origine déterminante le processus biologique de … Lire la suite…

J’ai regardé le soleil en face et j’y ai vu la mort

Bien qu’un usage linguistique courant mais malheureux, qui confond la mort et le néant du non-être, nous laisse penser le contraire, la mort n’est pas un état et n’a donc pas d’autre réalité que phénoménale ; car ce qui fût et qui est mort n’est plus. Et ce processus que nous connaîtrons tous sans le vivre pleinement, qui ponctue une histoire tragi-comique comme une chute dérisoire, échappe à notre conscience qui se dissout alors dans ce moment ultime de la désincarnation du moi. Nous tomberons tous un jour, et nos survivants en parleront au passé : il a chu ; et s’il fût avant de choir, il n’est plus aujourd’hui. Cette chute qui est aussi un échec de la vie, ou du moins le mat de la partie que la fortune nous propose – ce terme de mat vient d’ailleurs de l’arabe mata pour : il est mort – n’est donc, pour chacun d’entre … Lire la suite…

Le bonheur est une éthique

Si l’aptitude à être heureux procède évidemment beaucoup d’une conformation psychologique particulière – et à ce titre, on doit plutôt plaindre les mélancoliques –, le bonheur est aussi, et sans doute plus fondamentalement, une construction philosophique qui résulte d’une discipline quotidienne. Et personnellement, je crois plus à un eudémonisme dynamique stoïcien, conquérant, celui de Marc Aurèle, ou d’un Nietzche qui fait le choix de l’amor fati, qu’à l’hédonisme d’un Aristippe de Cyrène que Diogène Laërce nous décrit comme jouisseur, mais prétendant « dominer ses passions sans les éteindre tout à fait », ou qu’à la quête épicurienne d’une ataraxie fondée sur le renoncement à tous les plaisirs qui ne seraient ni naturels, ni nécessaires. Encore faut-il échapper au vrai malheur, celui du handicap physique ou de la maladie grave, de la violence politique, oppressive ou répressive, du dénuement matériel dans une société d’abondance, de la perte irréparable dont on ne peut faire … Lire la suite…

Droit de vote dès la naissance

Je viens de lire avec au moins autant d’intérêt que d’étonnement que le quotidien japonais « Nihon Keizai Shinbun » – ce quotidien économique qui publie l’indice Nikkei – proposait d’abaisser l’âge de la citoyenneté au Japon à « zéro an ». L’article, qui débute par cette accroche : « Faisons voter les bébés », suggère plus précisément, pour contrebalancer le poids trop lourd des seniors dans la vie politique d’une société japonaise très vieillissante, de donner le droit de vote dès la naissance ; à charge des parents des mineurs de moins de quinze ans de voter à leur place. On aurait pu, bien évidemment, attendre d’un média plutôt conservateur, des propositions moins radicales : abaisser simplement l’âge légal du droit de vote à dix-huit, seize ou quinze ans ; pourquoi pas quatorze ? Mais cette idée reste intéressante, car elle nous oblige, pour la considérer sérieusement, à remettre en cause quelques a priori. Remarquons incidemment que, dans nos démocraties … Lire la suite…

Qu’est-ce qu’un pacifiste ?

Prolongeant une rubrique précédente et rebondissant sur cette belle formule « Je t’aimerai si je le peux, je te tuerai si je le dois », je m’interroge, dans un contexte particulier, sur la nature du pacifisme et je veux bien tenter cette définition : un pacifiste, c’est de mon point de vue un partisan radical de la paix, capable de la défendre les armes à la main. Ce n’est donc pas tout à fait un non-violent, à moins que l’on puisse le définir comme un « non-violent, sauf en dernier ressort ». Mais qu’appelle-t-on violence ? L’insulte est-elle violence ? Et le mépris ? Présenter l’autre joue n’est-elle pas déjà violence ? Mais précisons le contexte de ce propos. L’Europe vient de décider à une majorité relative de ses états constituants, de lever l’embargo sur les armes à destination des rebelles syriens. Après la conférence de juin, des armes seront donc livrées, ce qui permettra aux djihadistes de renverser … Lire la suite…

Du don

Un don financier n’est jamais une preuve de hauteur morale, mais ne prouve évidemment pas plus le contraire, et je ne tomberai pas dans cet ornière dogmatique qui conduit à croire que le pauvre serait par nature plus honnête que le riche (trop riche pour être honnête …), ou que son comportement serait plus moral que celui de l’homme fortuné. L’argent n’a pas grand-chose à voir avec la morale, et l’un et l’autre ne sont pas incompatibles, même si Paul de Tarse a écrit dans une de ses épitres (celle à son disciple Timothée) que « l’amour de l’argent est la racine de tous les maux » (1 Tm 6, 10). Mais je ne confonds pas l’argent et la cupidité. Et la pauvreté, comme la souffrance, ne sauve pas, et si la fatalité souscrit à notre égard et sur le registre de l’équité ce que nous pourrions considérer comme une … Lire la suite…

Pouvons-nous être tenu politiquement responsables d’être ce que nous sommes ?

Feuilletant, comme on effeuille une marguerite, un essai de Schopenhauer sur le libre arbitre – un peu, beaucoup, … –, je repense au concept de liberté, un peu comme on ferait l’inventaire d’une pièce encombrée, découverte derrière une porte dérobée. Ce faisant, je retrouve aussi dans le texte que je parcours rapidement, quelques a priori très autobiographiques sur la nature humaine : notre philosophe nous y explique que le caractère de l’enfant lui est transmis par son père et son intelligence par sa mère. Voilà qui devrait faire hurler – mais ce n’est pas me concernant sans un certain plaisir – les féministes et plus largement les tenants de la théorie du genre. Mais on ne peut évidemment réduire l’œuvre de l’auteur des Parerga à quelques énormités, ou aux charges ad hominem contre la pensée hégélienne : sa supposée fatuité l’indispose, sa réussite incontestable le révulse, son charabia l’insupporte ; il ne peut … Lire la suite…

Un peu de pragmatique

Qu’il me soit ici permis, sans être linguiste, de faire un peu de pragmatique ; et commençons par une question bête, bête comme un dimanche maussade en juin : faut-il être tolérant avec les intolérants ? La question est évidemment clivante, et toute réponse justifiée par l’équivocité du concept est recevable, mais montre bien la dimension rhétorique de ce jeu sur les mots. J’ai donc pris soin de rouvrir quelques dictionnaires pour assoir mes positions, car pour le mescréant philosophant, homme de peu de foi, pyrrhonien par ailleurs et adepte des théologies négatives, se méfiant aussi de l’idée que l’on se fait des choses et des mots, être tolérant, c’est être respectueux des choix qui ne sont pas les nôtres, et admettre qu’ils doivent pourtant avoir droit de cité. C’est donc ne pas surfaire notre croyance, nos choix, nos valeurs. Mais il y a une tolérance appliquée aux idées et une autre aux … Lire la suite…