Pensées pour moi-même

Une idéologie est une pensée qui n’est au service que d’elle-même, et qui préfère toujours ses fantasmes à la réalité sensible.   Une société non bourgeoise serait une société où la valeur de toute chose ne serait pas réduite à sa valeur marchande. En d’autres termes, où il y aurait place pour la non-propriété et le don. Je remarque qu’à peine les hommes envisageaient la possibilité de se poser sur la lune, que des états ou des personnes revendiquaient la propriété de certains de ses territoires. Lire la suite…

N’ayez pas peur !

N’ayez pas peur ! François nous y a invités plusieurs fois, faisant écho explicitement à la « bonne nouvelle » annoncée par le prédicateur juif Jésus, dit de Nazareth. En effet, la formule qui est souvent reprise dans les évangiles fait référence à l’Ancien Testament où, parait-il, elle serait présente plus de trois cents fois. Mais une fois de plus, je trouve le christianisme bien ambigu et de ce point de vue, pas si différent de l’islam qui n’est, il est vrai, qu’un christianisme de Bédouins.   N’ayez pas peur ! J’en ai rêvé, très précisément une certaine nuit du 15 au 16 août dernier, et je ne voulais pas terminer cette année sans en parler ; même si je ne raconterai pas ce rêve, trop doux pour en partager les détails. Mais c’est bien cela que j’ai, non pas compris, je le savais de longue méditation, mais vécu pleinement dans cette intimité onirique et … Lire la suite…

Cadeau aux Gilets jaunes

L’actualité, si imprévisible, aura fait de cette année 2018 une année politique, redonnant des couleurs, en l’occurrence jaune, à l’idée de peuple, et nous montrant à quel point le roi était nu. Sous François le troisième, d’ailleurs comme déjà sous Nicolas 1er (dit le petit), on parlait beaucoup d’un système à bout de souffle et de la nécessité d’inventer une sixième république. Et puis, le Messie biblique est venu ; et Emmanuel a réalisé le miracle de « tout changer pour que rien ne change », faisant passer cette idée de Réforme au rang de fantasme désuet et passablement ridicule. Et puis, et puis, de manière imprévue, impromptue et impertinente, le diable étant dans les détails de l’histoire – je veux dire que les gens sont, pour le système, un simple détail ; me rappelant la formule de Brecht « Puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple ! » –  les choses … Lire la suite…

Noël, Noël !

Dérèglement climatique ou pas, le père Noël revient nous visiter dans quelques jours, un peu avant les pompiers avec leurs calendriers. Il faut sans doute consentir de bonne grâce à ces rituels saisonniers. Il n’y a plus de saisons !, mais la vie continue. Je n’aime pas beaucoup les fêtes de Noël, trop peu enclin à me prêter aux rites, surtout quand le Marché nous enjoint de consommer, d’acheter absolument des gadgets qui décevront nos enfants trop gâtés, et qu’ils délaisseront sous peu. Mais il faut bien soutenir le PIB, c’est-à-dire payer de la TVA. Je trouve sur un site (www.alliancy.fr) les chiffres suivants – extraits d’un rapport « CRR annual report 2017 » –, qui ne concernent que la France de 2017 : 68,14 Milliards d’euros de dépenses prévisionnelles pour Noël, dont 19,70 pour le commerce en ligne et sur mobiles, et un budget cadeau de 320 € par ménage. … Lire la suite…

Ma peur de la violence

Nous sommes tous interpellés, touchés par la façon présente dont notre république est chahutée ; les uns furieux d’être empêchés de circuler et de vaquer librement à leurs occupations, les autres engagés ou solidaires à différents niveaux de cette mobilisation générale dont personne ne connaît l’issue. On peut être enthousiastes ou effrayés, emportés par l’hystérisation générale ou figés par la crainte ; on peut prétendre l’avoir prévu ou s’avouer sidéré par l’inattendu. De toute façon, l’évènement, ou les événements, comme on le dit pour 68 s’imposent à nous, captent l’attention, et sont l’objet de presque tous les discours. Et chacun fait écho à l’une des trois questions essentielles posées par les Gilets jaunes : justice sociale, question démocratique, transition écologique. Et chacun de s’en saisir selon sa sensibilité, sa situation personnelle, son niveau de conscience politique. Je voulais, moi, aujourd’hui et ici, évoquer la question de la violence et essayer de … Lire la suite…

Fiscalité écologique

Tout dialogue suppose un accord sur un certain nombre de préalables sémantiques, sur le sens communément entendu des mots échangés et la pertinence de certains concepts et notions. Concrètement, et pour rester encore un peu sur quelques réflexions politiques tirées par l’actualité, s’il est urgent d’avoir un débat citoyen sur cette transition écologique tellement nécessaire et urgente, je ne comprends pas, par contre, pourquoi il faudrait débattre d’une « fiscalité écologique », alors que ce concept est pervers et inacceptable en soi. En effet, si un plan de transition doit être mis sur la table, ses trois composantes principales seront : son contenu, à savoir là où l’on souhaite aller, et cela exprimé clairement – et aujourd’hui, c’est loin d’être clair –, son échéancier – je ne suis pas sûr d’avoir compris si l’on parle d’une transition qui va durer le temps de ce quinquennat, ou si c’est un plan … Lire la suite…

Illégalité et illégitimité

Je ne sais comment évoluera le mouvement des gilets jaunes et par quelles récupération ou répression il s’achèvera. Ce qui apparait déjà clairement, et tristement, c’est son essoufflement et son incapacité à se structurer et à clarifier sa ligne. Néanmoins, après « nuit debout », mouvement auquel il s’apparente et auquel il s’oppose radicalement, les choses ne pourront en rester là, et son échec créera inévitablement une énorme et dangereuse frustration. En effet, quelque chose de très puissant s’est passé, non pas une révolution, mais une révolte, et il est remarquable que cela se passe en France. J’en appelais hier au devoir de désobéissance civique et j’y reviens. Je pense que la forme la plus aboutie de citoyenneté, face à un pouvoir illégitime, c’est l’objection de conscience. Et je distingue bien illégitime et illégal. Car nos élus, évidemment, Président en tête, l’ont été de manière parfaitement légale, mais tout pouvoir, qu’il soit … Lire la suite…

Qui sème la violence finit par récolter la violence et la mort

Qui sème la violence institutionnelle voit pousser la désespérance et finit par récolter la mort et la violence. Les gouvernements qui se succèdent en France depuis de trop nombreuses décennies sèment la violence ; celui de M. Macron, sans être pire, ne fait pas autrement. Ce samedi, on en a vu le terrifiant résultat ; et je ne doute pas qu’en réponse à la violence inadmissible des casseurs, M. Castaner castagne et que le gouvernement d’Emanuel Macron poursuive dans la même voie : connivence avec les nantis, mépris des plus faibles, allégement des charges des plus fortunés, alourdissement des prélèvements des plus pauvres, démagogie permanente. On se méprend souvent sur la violence et sur l’autorité, et pour paraphraser Hannah Arendt, je rappellerai ce que la politique nous démontre malheureusement quotidiennement : Mensonge et violence sont ruine de l’autorité ; la communication commençant là où finit la com.   Augmenter la fiscalité des retraités au prétexte … Lire la suite…

Yascha Mounk, entre lumières et ombres

Les médias libéraux ne voient que par lui et font tous la promotion de son dernier ouvrage : « Le peuple contre la démocratie » ; et le Figaro d’en appeler à « l’ouvrage passionnant » ! C’est peut-être trop élogieux pour une étude qui, bien qu’extrêmement fouillée – c’est sa première qualité –, n’apporte rien de très novateur au débat d’idées qu’elle entretient néanmoins comme un combustible de qualité. Il mérite donc largement d’être lu, médité, discuté, et sans doute d’être chroniqué, car il a déjà trouvé sa place dans les ouvrages de référence. Mais ce texte, très marqué par la culture politique américaine, se découvre entre ombres et lumières.   Yascha Mounk, puisqu’il s’agit de lui, est un jeune universitaire germano-américain qui enseigne à Harvard. C’est un disciple de Francis Fukuyama, journaliste comme lui, et leurs ouvrages – je fais évidemment ce parallèle avec « La fin de l’histoire et le dernier homme » – sont, structurellement … Lire la suite…

Sans vouloir tirer sur l’ambulance

Il y a comme un problème de communication entre une partie du pays et son Président. Je n’ai de cesse de le dire, notre époque est démagogique ; et les gens, sans toujours en avoir une juste conscience, en souffrent. Toute démagogie est méprisante pour ceux auxquels elle s’adresse, car non seulement elle vise à abuser, mais elle le fait de manière perverse et condescendante.   La République fonctionne sur des fictions nécessaires, des mythes politiques structurants : le contrat social, la démocratie, l’intelligibilité des lois, la moralité de l’Etat, l’intérêt général, etc. L’une de ces fictions est qu’au jour de son investiture, le président élu devienne le Président de tous les Français. La réalité est tout autre, et la formule, prononcée rituellement par tous les élus, n’est pas performative. Et force est de pointer, dans ces circonstances particulières, les limites et les désordres institutionnels. Le Président partage l’exécutif avec son Premier … Lire la suite…