D’autres raisons de ne pas être humaniste

Dans mon dernier article, reprenant des réflexions anciennes qui m’avaient conduit, il y a quelques années, à créer ce blog pour y défendre – avant que je me rende compte d’un potentiel risque de malentendu – une position de mescréant, je me présentais comme non croyant ; l’écrivant « mes créant », en reprenant par jeu un usage vieilli et démodé. Et cette position n’a pas varié depuis : je me prétends avec constance « non croyant et non athée » ; et quand on me répond « agnostique ? », je décline alors ce terme. Mais pourquoi y revenir si cette chose a déjà été clarifiée ? Peut-être pour prolonger mon précédent propos sur l’humanisme en abordant l’obstacle par un autre côté. Si je devais revendiquer une filiation – cédant à nouveau à cette faiblesse de chercher crédit chez plus respectés que moi –, ou simplement me raccrocher à une pensée théologique forte, je pourrais évoquer ici … Lire la suite…

Ecoféminisme Versus Humanisme

Bien que je n’aime pas les concepts à géométrie variable, à contenu incertain – et j’y reviendrai –, je pourrais revendiquer et défendre l’écoféminisme, contre l’humanisme que je condamne, et qui est en effet, à la fois un spécisme et un machisme. Car la seule façon de justifier cette connexion entre écologie et féminisme, c’est bien en le formulant ainsi : écoféminisme versus humanisme ; et en revenant à la source religieuse de ce dernier. Je le répète, l’humanisme, c’est l’autre nom du christianisme ou, pour le dire autrement, un christianisme laïque qui a vulgarisé (la Vulgate) le double message vétérotestamentaire, celui de la Genèse. Et il faut bien toujours revenir à la genèse des concepts : Dieu a créé son avatar pour qu’il domine la nature et la femme, établissant cette dernière entre l’homme mâle et la bête ; ou, pour le dire en terme juridique, entre l’homme et le bien meuble – … Lire la suite…

Vulnerant omnes ultima necat

Il y a dans ces aphorismes anciens toute une sagesse populaire ; et j’aime particulièrement leur dimension parfois philosophique toujours moraliste. Et si elles sont en latin, elles ne sont pas toujours difficiles à comprendre. Celle-ci est associée au temps qui passe, aux heures de notre vie, et elle était parfois inscrite au fronton de certaines horloges de rue : « Toutes blessent, la dernière tue ».   Et si je voulais reposer ici la question de la mort, en fait des conditions de notre mort, c’est que j’ai un peu de mal, en ces périodes d’élection, à rester longtemps insensible aux questions politiques. Je me suis toujours défini comme un défenseur de la démocratie, frustré par le caractère si peu démocratique de notre système institutionnel. Mais derrière cette question dont l’importance me parait aujourd’hui relative – après tout, être gouverné depuis Paris ou depuis Bruxelles, par un Énarque ou un fonctionnaire de la … Lire la suite…

Une vie ratée

En 1817, depuis ses terres de Valençay, Talleyrand écrivait au duc de Montmorency : « Ce n’est pas de repos que je sens le besoin, mais c’est de liberté. Faire ce que l’on veut, penser à ce qu’il plaît, suivre sa pente au lieu de chercher son chemin : voilà le vrai repos dont j’ai besoin, et celui-là, je le trouve ici. »   Avoir raté sa vie, c’est avoir raté les cibles que l’on s’était choisies. Mais qu’est-ce que ça veut dire en réalité ? Est-ce une défaillance dans le choix de ces cibles, ou est-ce une incapacité à atteindre un objectif que d’autres ont atteint sans grandes difficultés apparentes ? Au crépuscule de ma vie, ou du moins entre chien et loup, au moment où l’on peut commencer à faire un bilan, cette question me travaille. Faut-il croire au destin, à son chemin ? Non pas croire, en l’occurrence, que le … Lire la suite…

25 Janvier 2022 – De Cioran à Houellebecq

Une certaine critique l’attendait comme au coin du bois, arme au pied. Avec « anéantir », il en est à nouveau sorti et s’est pris quelques méchants coups de fusil. Ce fut vite expédié et bien fait. Mais comment cela aurait-il pu en être autrement ? Les intellectuels médiateurs, qu’ils communient dans un audiovisuel public acquis à un gauchisme bienpensant de plus en plus poreux aux thèses woke, ou qu’ils officient sur les chaines de propagande des oligarques dont Emanuel Macron est le champion, ne l’aiment pas – ils ont leurs bonnes raisons ; et la première est que Houellebecq, depuis au moins dix ans (« Soumission »), est devenu un auteur très populaire et de plus en plus en phase avec une société liquéfiée par le Système, mais qui se cabre encore, et dont une forte minorité rejette les pseudo valeurs bourgeoises et fait la courte échelle à Zemmour … Lire la suite…

A quoi sert l’UNESCO ?

L’UNESCO, un machin couteux dépendant de l’ONU, s’est récemment penchée sur la question de l’Intelligence Artificielle. Et en novembre dernier (le 22), ses experts ont pondu un : « Projet de recommandation sur l’Éthique de l’Intelligence artificielle ». Je l’ai lu, laborieusement. C’est un texte bureaucratique, rédigé par de nombreux experts, et qui a tous les défauts de ce type de production : il est sans densité ni consistance, trop long eu égard à son contenu, et sa cohérence est douteuse. Car surtout, faute de poser ses bases, et préférant lister un nombre considérable d’attendus sans intérêts, mais obligatoires, il passe à côté de son sujet et dit, assez mal, en une vingtaine de pages ce qui aurait pu l’être en quatre. On imagine bien ce que sa rédaction a dû coûter, un coût sans cohérence avec sa valeur opératoire. On est bien là dans un pur bureaucratisme stérile. Il aurait dû, pour éviter … Lire la suite…

L’irrésistible complexification du monde

Comme le début d’une nouvelle année est traditionnellement l’occasion de prendre quelques résolutions avec la naïveté de croire qu’elles tiendront plus que quelques jours, je m’étais promis de ne plus parler politique et de me consacrer à des sujets plus sérieux et surtout moins déprimants. J’aurai donc tenu une semaine ; ce n’est pas si mal ! J’ai lu la prose d’un haut fonctionnaire qui, sans le dire aussi carrément, défend l’idée que le monde est devenu si compliqué et si interconnecté qu’il ne peut plus être géré que par des experts intervenant au niveau international. Mais quid de la démocratie ? Et je retrouve dans cette pétition de principe tout l’argumentaire du Forum Économique Mondial créé par Klaus Schwab. À tel point que je regrette de ne plus pouvoir y répondre dans mon dernier essai (l’Hydre de Lerne) – terminé, mais pas encore publié. Je conçois et admets volontiers cette … Lire la suite…

Une réponse à Daniel Lenoir, président de Démocratie et liberté

Cher Daniel Lenoir. Je ne sais pourquoi je reçois une invitation « sign up » à signer votre appel à un sursaut « spirituel et démocratique ». Mais ces deux mots ont fait tilt à l’oreille de l’esprit libre, non encarté et non partisan que je prétends être. Très intéressé, séduit par l’invite, mais un peu surpris par la longueur du texte, j’ai lu, prêt à signer. Car nous sommes évidemment d’accord sur le constat de l’impasse démocratique et spirituelle dans laquelle nous sommes, en France et plus largement dans un occident gagné par le nihilisme et l’abandon de nos valeurs. Nous souffrons bien de manquer de vie démocratie et de vie spirituelle. Et puis, comment ne pas souscrire à cette invitation de « voir les choses autrement » ? Krishnamurti, dont la spiritualité a beaucoup rayonné, disait qu’il fallait « se libérer du connu ». Et à s’investir de manière différente dans la res publica. Et, je vous … Lire la suite…

Bonnes fêtes à tous

C’est vrai, je néglige trop ce blog, mais c’est bien que l’écriture me prend beaucoup de temps et autant d’énergie. À tel point que je ne vous ai pas souhaité un joyeux Noël, j’espère qu’il l’a été, un bon réveillon de la Saint-Sylvestre – il est encore temps d’emmerder les esprits woke qui nous interdisent les références religieuses – et une bonne année 2022, espérons que la séquence COVID dure moins que le dernier conflit mondial. Je ne sais si, transmettant leurs voeux en décembre 41, les gens se souhaitaient la fin de la guerre pour 42. J’ai enfin achevé ce nouvel ouvrage, un essai politique indéfinissable, qui portera le titre de l’Hydre de Lerne, ayant renoncé au premier titre de « Manuel de civilité puérile ». Oui, la référence à Érasme est claire, et je le dis avec d’autant moins de forfanterie, que la lecture de son Manuel de civilité puérile … Lire la suite…

Flatus vocis

C’est vrai, je néglige ce blog et ceux qui y passent, souvent rapidement ; la vie est ainsi faite. Mais on aurait tort de me croire las de crier dans le désert, de donner des points de vue à tout propos, de réfléchir encore et toujours à « la nature des choses et à la difficulté d’être » dans ce monde que le progrès réduit et détruit progressivement. Et la politique m’interpelle toujours. C’est pourquoi je me suis mis à composer un nouveau livre ; depuis le printemps. Il est aujourd’hui terminé dans sa première version. Il me reste à le travailler, laborieusement, en faire une nouvelle version, corrigée – j’avance bien et ce devrait être terminé avant la Noël –, puis ce livre « abouti et corrigé » sera à nouveau passé à la machine – nouvelle lecture attentive et nouvelles corrections –, puis, à peine imprimé, l’encre à peine séchée sur son papier blanc, … Lire la suite…