Au plan économique et politique, notre système est basé sur la consommation et sur l’uniformisation des produits et des pratiques, l’humain et son environnement étant considérés comme des produits dans un monde réifié par le Marché et l’Administration. À la globalisation du Marché fait pendant la bureaucratisation du monde, l’un et l’autre conduisant à l’uniformisation, la normalisation, la standardisation du monde. Il s’agit donc bien des deux faces de la même médaille. Et chacun devrait voir les limites de ce choix. À préférer la consommation comme système, à un système qui se contenterait de répondre aux besoins de la vie et de créer des richesses, on épuise et détruit la planète et, à moyen terme, l’homme. À tout uniformiser, on détruit le singulier, donc l’individu, au profit d’un concept d’humanité. Qu’on comprenne bien l’erreur de l’écologie politique à laquelle je ne peux adhérer : A la globalisation du Marché fait donc … Lire la suite…

Toujours la vie comme elle va

De longue date, je fais des listes, et notamment des « problèmes » à régler. Pas précisément les gros, mais ceux, suffisamment réels pour devoir être réglés avant que ma distraction, ma négligence, les rendent très « problématiques ». Je l’ai beaucoup fait dans ma vie professionnelle à tel point que j’ai pu déclarer aux cadres que j’encadrais et qui trop souvent se plaignaient d’être toujours confrontés à des problèmes, que, s’il n’y avait pas de problèmes à résoudre, il n’y aurait pas besoin de cadres pour les résoudre. Et dans ma vie personnelle, je fais de même. Aujourd’hui, je ne vous cache rien : prendre rendez-vous pour le contrôle technique de la voiture, déjà deux ans ; répondre à l’administration des impôts qui conteste une déclaration de surface habitable sur un CERFA produit après des travaux d’extension de la maison, mais sans apporter la preuve que mon calcul est faux ; renvoyer à la mutuelle une … Lire la suite…

La vie comme elle va

Je m’arrête acheter mon pain au coin de la rue, fais la queue, paye en faisant l’appoint. La gamine qui encaisse, une teenager comme disent les anglais, me jette un regard noir au-dessus du masque, et repousse avec dégout une de mes pièces jaunes. D’une voix pincée, haut perchée, vulgaire, entre violence et mépris : « Celle-là n‘est pas française ! ». Je vérifie. Je m’étais fait refiler une pièce de 5 cts de Francs. Je m’excuse par réflexe et sans avoir l’aplomb de lui répondre qu’en fait, c’est la seule française et que les autres sont européennes. En sortant, maugréant dans ma barbichette, je m’étonne qu’elle n’ait pas reconnu la piécette et je prends conscience qu’alors que j’ai presque toujours vécu avec cette monnaie, elle n’a probablement jamais vu de pièces françaises. Je n’avais pas encore suffisamment intégré que certains adultes étaient nés dans en euroland. Il faut bien le comprendre, bien le … Lire la suite…

A quoi bon philosopher ?

Je ne suis pas un philosophe et ne souhaite pas faire de la philosophie, ni ici ni ailleurs. Si, être philosophe, c’est être capable de penser sa vie et de la vivre sans concessions, alors j’en suis encore très loin, m’étant trop souvent prostitué, soit par raison, soit par faiblesse, soit par devoir. Et je ne souhaite pas faire de la philosophie comme d’autres font de la cuisine ou de la gymnastique, car c’est ici stérile. Et s’il y a vanité à croire, en religieux, il y a aussi une grande stérilité dans l’incroyance du philosophe. Car, s’il faut souvent déconstruire pour se libérer des préjugés et des fausses vérités, échapper aux évidences trompeuses, à la moraline médiatique, il faut bien aussi reconstruire, au moins pour avoir un toit où abriter son âme malmenée, sa précaire existence, mais sans s’illusionner sur la pérennité des choses ou l’objectivité des valeurs. Si … Lire la suite…

Chique, bientôt les présidentielles

Écoutant la radio, regardant les écrans médiatiques, j’entends et je vois que la France est déjà entrée en campagne présidentielle. La politique va donc nous aspirer et j’aurai bien du mal à me préserver de cette effervescence des organes de presse qui va aller croissante, jusqu’à l’orgasme final, prévu en 2022. Et puis les choses retomberont. Plus c’est long, plus c’est bon ; est-ce si sûr ? Est-ce bien si sûr ? Sera-ce l’occasion de débattre des questions de fond ? Évidemment non. Car la presse est complice et s’ingéniera à parler de tout sans jamais organiser de vrais débats sur les vrais sujets, avec de vrais contradicteurs. Et toute question qu’elle posera à ses invités sera viciée de ces présupposés implicites : sachant qu’étant acquis que les hommes ont tous les droits sur la nature, étant admis que les grandes démocraties ont su raffiner leur système politique au mieux, étant … Lire la suite…

Oui, l’amour…

Tantôt, je voulais vous parler d’amour, mais sans doute n’étais-je pas prêt ; ou peut-être ai-je senti que c’était vous qui ne l’étiez pas, trop affairé à construire d’autres châteaux de sable, l’esprit alangui et le corps ramolli par la vacuité estivale ; et comme il faut parfois trouver des subterfuges, nous avons alors parlé d’autre chose. Et puis, écoutant Brassens comme personne ne le fait plus – sur un tourne-disque –, le souvenir mélodieux d’une poésie d’Aragon m’est revenu : « il n’y a pas d’amour heureux » – magnifique texte d’Aragon, amant comblé d’Elsa et immense poète, mais si peu lucide – j’ai eu l’envie de revenir à cette chronique annoncée devant laquelle j’avais hésité. Je crains qu’Aragon, si grand poète soit-il, ne se soit toujours trompé, et sur l’amour et sur le reste. Il n’y a d’amour qu’heureux, car amour et bonheur, c’est un peu la même … Lire la suite…

Je ne vous parlerai pas d’amour

Demain, c’est dimanche – repos… J’avais envie de vous entretenir d’un sujet grave, l’amour. Mais c’est décidément trop sérieux : on ne badine pas avec l’amour ! Et puis, c’est la saison estivale, les vacances ; personne n’a la tête à réfléchir à des choses sérieuses ; alors, parlons plutôt de la mort, la mienne, la vôtre, celle qui banalement nous attend tous. Elle nous attend avec cette sérénité de celle qui sait qu’elle n’attend pas en vain, que les chalands viennent à elle sans effort de sa part, et ce petit sourire en coin de celle qui a tout vu, tous les clients imaginables en sa boutique. Elle se sait sans concurrence en son état, et incontournable, indépassable, éternellement passive et sereine.   Les tenants du Marché n’ont rien inventé avec leur obsolescence programmée. Déjà, Dieu l’avait inventé, nous faisant le corps périssable : créé pour ne pas durer, pour tomber en panne à … Lire la suite…

En quête du bonheur

Si la morale, c’est bien le champ des valeurs, alors l’éthique c’est le code des valeurs que l’on s’est choisi, selon sa nature, pour guider sa vie, lui donner une forme de rectitude, ne pas la subir. Car il s’agit bien d’être ce qu’on l’est est, ou du moins d’essayer de le devenir. Et le bonheur, c’est bien d’avoir la pleine conscience de vivre en harmonie avec ses valeurs, sans contradiction avec ce que l’on est. Sinon, on ne peut que survivre, étranger à sa nature, aliéné. Ayn Rand le dit en ces termes « Trouver le bonheur est le seul but moral de l’homme ». Je rajouterai : le chercher, le seul devoir, la seule éthique digne de ce nom. Et il faut se garder autant des spiritualistes qui invitent au renoncement, au sacrifice de soi, en nous promettant des récompenses dans l’au-delà, que de certains matérialistes qui nous invitent au même … Lire la suite…

Tout le mal que je pense de la convention citoyenne

Puis-je exprimer ici tout le mal que je pense de la convention citoyenne sur le climat ? En premier lieu, je regrette que son objet ait été celui du dérèglement climatique, alors que ce problème, évidemment gravissime, n’est que la conséquence de notre modèle de développement et des dégâts écologiques induits. Le gouvernement prétend donc s’attaquer à la fièvre du malade, mais pas vraiment à sa maladie, montrant qu’il a compris l’impérieuse nécessité de permettre à l’humain de survivre, mais sans remettre en cause la société d’hyper consommation et de gaspillage ni aucun des dogmes économiques qui condamnent la planète. Car que l’homme trouve des solutions pour limiter la fièvre du globe ne changera pas grand-chose aux conséquences fatales, pour la vie des autres espèces, de son développement irrespectueux de son environnement. Cette convention prend donc le problème par son mauvais bout. En second lieu, on doit regretter les conditions mêmes … Lire la suite…

Le déclin des partis

S’il m’arrive souvent de ne chroniquer l’actualité qu’avec un temps de retard, préférant le rythme du magazine à celui du quotidien, ce n’est pas seulement que ma pensée est lente, c’est aussi que toute analyse a besoin de recul. Il faut toujours attendre que l’eau courante de nos vies, troublée par les faits qui s’y déversent parfois tumultueusement, se décante un peu et laisse apparaître en son lit les dépôts et leurs différentes strates. L’accession d’Emanuel Macron à la présidence de la République m’avait sidéré ; la forte poussée écologiste aux Municipales m’interpelle. Aujourd’hui, je crois discerner dans ces deux évènements, mais aussi dans la disparition si subite du PS, une cohérence et un mouvement de fond. Le temps de la démocratie partisane est clos : les Républicains commencent à le comprendre, la France Insoumise peut-être aussi, le Rassemblement National n’y échappera pas, même s’il surfe toujours sur la question migratoire et … Lire la suite…