Parlez-moi encore d’écologie

L’honnêteté nous oblige à reconnaître que l’humanité a connu par le passé des épidémies planétaires autrement plus meurtrières que celle du coronavirus, à une époque où le Marché ne faisait pas sa loi, quand la mondialisation n’était pas une réalité, au temps où le niveau de pollution n’avait pas conduit à l’invention du concept d’écologie. Et si le nombre des victimes reste inacceptable, notre modernité hygiéniste que je dénonce quotidiennement, ainsi que la nature, totalitaire, de nos systèmes que je combats sans relâche, nous a évité le pire. Oui, l’honnêteté m’oblige à écrire cela. Pourtant, la promiscuité, la civilisation urbaine, sont, en la matière, le premier facteur de risque. Souvenons-nous qu’avant l’arrivée des Européens en Amérique, les maladies n’y existaient pratiquement pas et que des germes mortels y furent introduit dans le but d’exterminer les Amérindiens. Et l’on peut se demander si les grandes épidémies n’ont pas été des « purges », … Lire la suite…

Un égoïsme rationnel

La vie est un champ, dont, encore jeune, on ne discerne qu’à peine l’horizon des haies qui le limitent ; et que la mort laboure sans relâche, comme si, retournant ses sillons, éventrant régulièrement sa matrice, elle voulait empêcher que la moindre graine y fructifie, ou du moins ne donne naissance à quoi que soit de grand, de mûr, avant d’être enseveli par la « charrue cruelle ». Cette « agriculture divine », pour reprendre cette autre expression de Baudelaire, nous apparaît bien dure au temps du coronavirus. Au point de ne plus savoir si la potion philosophique sert à quelque chose et s’il convient donc de prendre encore quotidiennement sa dose. Car la philosophie est moins un enseignement qui serait censé nous grandir, qu’un baume aux vertus antalgiques contestables. Il ne protège de rien et soulage si peu. Mais, personnellement, cette pratique m’a donné du plaisir, mais m’a peu appris. Si ce n’est, sans … Lire la suite…

Covid 19 – une occasion de sortir la tête du sable

La pandémie continue et va continuer, et le pic n’est pas atteint en Europe. Chacun, confiné, c’est-à-dire retranché dans son intimité, attend le retour de jours meilleurs. Et personnellement, cette attente me prend la tête, m’empêche de faire des projets et de réfléchir sereinement. Pourtant, malgré la mort qui rôde et l’isolement imposé, il faudrait rester optimiste (les moins de quinze ans ne courent aucun risque ; il faudrait encore faire des projets, échanger et essayer de penser la situation quand les médias bavards qui tournent en boucle sur la crise s’abstiennent de toute analyse au fond en évitant de poser les bonnes questions. Nous n’étions pas prêts, matériellement, psychologiquement, à affronter pareil drame qui, dans nos vieux pays, touche particulièrement une population âgée comme jamais. Et on voit aujourd’hui que si notre système de santé était adapté à la situation – le nombre suffisant de lits disponibles, assez d’appareils respirations … Lire la suite…

Covid 19

En Italie, la barre des 4 000 morts du COVID 19 vient d’être franchie, après que celle des 10 000, dans le monde, l’ait été il y a quelques jours. C’est une catastrophe dont il est prématuré de dresser le macabre bilan. Mais on sait déjà qu’en Italie, cette année, le coronavirus fera un peu plus de morts que les accidents routiers, et qu’en France, il aura tué pendant cette crise, l’équivalent de 20, 30 ou 40 % de la voiture. C’est un drame dont la vraie mesure, faite de douleur, est nécessairement subjective, comme toutes ces tragédies qui se mesurent aussi en fonction de la distance entre le mort et les vivants qui témoignent. C’est néanmoins un drame que je ne veux pas minimiser, mais qu’il me faut relativiser, c’est-à-dire mettre en perspective pour soutenir, mon propos. En mars 2011, un tsunami touchait le Japon et causait les dégâts … Lire la suite…

Aux progressistes

Le progrès ne consiste pas à aller aveuglément de l’avant en cédant à des désirs que l’évolution des techniques et des organisations permet. Il ne consiste pas à changer pour changer ou à céder à des facilités nouvelles. Le progrès consiste à se rapprocher de la vérité en épuisant progressivement les erreurs ; c’est pourquoi il peut être constitué d’allers et retours, voire d’incessants retours en arrière. Lire la suite…

Aux briseurs d’horloge

Les déistes fondent leur foi sur l’argument de la perfection du monde. On se souvient de la formule de Voltaire : « L’univers m’embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger » ; mais, il ne faisait là que reprendre un très vieil argument, présent partout, y compris dans la philosophie antique : on rapporte ce propos d’Epictète : « Et comment une ville ou une maison pourrait-elle subsister, même très peu de temps, s’il n’y avait quelqu’un pour la gouverner et veiller sur elle, et une construction si vaste et si belle serait-elle administrée avec autant d’ordre si c’était par le hasard et une heureuse chance ? Il y a donc quelqu’un qui la gouverne. Il y a effectivement une forme d’intelligence de la nature, un génie ; avec ou sans géniteur, et le hasard, l’évolution, le simple jeu aveugle des lois physiques ont laissé perplexe plus d’un philosophe ou d’un scientifique. … Lire la suite…

Je ne peux suivre Nicolas Baverez

La démocratie n’est ni un système de représentation, ni un processus de décision à la majorité des votants. C’est essentiellement la reconnaissance de l’égalité des citoyens, c’est-à-dire le refus de hiérarchiser les relations, et donc un mode relationnel qui privilégie l’écoute, la participation de chacun, la délibération collective et la prise de décision consensuelle. L’écueil qu’elle rencontre le plus fréquemment, c’est l’usurpation du pouvoir par une élite qui prétend parler au nom du peuple.   Je le dis : la présente chronique répond partiellement à l’intervention télévisuelle de Nicolas Baverez, hier 4 février, dans C à vous. Ce laudateur de la « démocratie libérale » – concept dont on peut se demander si la formulation n’est pas oxymorique – la défendait en l’opposant à la « démocratie illibérale » – autre concept qui se joue de la sémantique. Et il en appelait à la défense de la première contre le risque de la seconde, comme … Lire la suite…

C’est pure méchanceté

Puis-je revenir sur ce glissement idéologique, depuis le judaïsme – qui défend l’idée d’un homme-avatar d’un Dieu qui le créa à son image et à sa ressemblance – ; au christianisme qui fit d’un homme, non seulement le second Adam, mais un être consubstantiel à son divin père, son égal en la trinité – ; jusqu’à l’humanisme que Rousseau défend au prétexte que l’homme serait seul doté d’une conscience et naturellement bon.  Car s’il ne l’était pas, la méchanceté serait en sa nature, et Dieu étant nature – naturante comme le dit Spinoza – la méchanceté serait en Dieu. L’animal n’est pas méchant, on doit pouvoir en convenir, même si le loup, le crocodile ou le requin… Comment pourrait-on mettre l’homme au-dessus de tout, c’est-à-dire des autres animaux, et c’est bien le propre de l’humaniste, sans concevoir un homme naturellement bon ?   Le divin Rousseau – comme l’appelait Robespierre – avait-il raison ? … Lire la suite…

Transvaluation

Il y a une continuité idéologique, par Paul et Rousseau, entre le judaïsme, le christianisme et l’humanisme. C’est pourquoi j’ai tant de mal avec un humanisme qui n’est en fait que la laïcisation du judéo-christianisme et qui n’est qu’un spécisme gonflé d’orgueil. Valeur ou contrevaleur ? C’est un peu comme pour le travail. Évidemment comme l’écrit Van Der Meersch dans « Invasion 14 », je vois bien, pour le vivre tous les jours, que « le travail absorbe et distrait, qu’il est la source miraculeuse d’oubli et de joie, le remède unique à toutes les misères morales » ; et que les addictions les plus problématiques sont le fruit de l’inactivité et de la vacuité de l’âme. Mais quand travail rime avec subordination et exploitation, est-ce encore une valeur ? Valeur ou contrevaleur ? On se souvient du détournement de cette formule d’Heinrich Beta que les nazis avaient inscrite au … Lire la suite…

Des résolutions qui tiendront

Si les hommes de bonne volonté se doivent d’entrer en résistance, cette résistance doit être autant passive (sur la forme) qu’à active, fondamentalement active, une discipline quotidienne. Contraint par des conditions de vie inacceptables, dans leur confort matériel, et imposées à tous par un système liberticide, paternaliste et injuste, chacun doit l’accepter ou le refuser. Si, sur un plan psychologique ou affectif, c’est toute autre chose, sur le plan politique, le choix est bien d’accepter notre condition ou de la refuser ; et il n’y a de citoyenneté que dans ce devoir de choisir, car être citoyen n’est pas un privilège ou un droit commun, c’est un engagement pour la République, pour la Démocratie. La citoyenneté, non seulement ne se réduit pas au droit de vote, mais son essence n’est pas dans l’exercice de ce droit de choisir entre quelques hauts fonctionnaires formés à l’idéologie énarquienne. Et si l’homme peut … Lire la suite…