Qu’il s’en aille !

Je n’aime pas notre Président, mais cette antipathie n’est ni une détestation ni une haine, et elle ne tient ni à nos grandes différences ni à l’opposition si radicale de nos positions. Non ! ce qui m’agace tant, c’est qu’il soit la parfaite caricature incarnée de l’élite méprisant le peuple, en ce qu’il ne peut discourir sans avoir recours de manière appuyée et permanente à la démagogie. Il se moque de nous, toujours ; et ça ne peut que m’agacer. Car la démagogie, c’est une escroquerie intellectuelle, un mensonge savant, un truc moche et bien packagé. Emmanuel Macron est un menteur, et dès lors, l’écouter met mal à l’aise. C’est un représentant de cette élite qui ne souhaite pas discuter avec les gens, frayer avec le commun, coudoyer le vulgaire ; qui préfère faire sans eux et construire le monde qui lui convient, sans prendre en compte les aspirations populaires. Il ne veut … Lire la suite…

Plus d’arbres et moins d’hommes

Plusieurs fois, j’ai eu l’occasion ici de faire allusion au risque d’effondrement de nos sociétés, et chaque fois en référence aux analyses déjà anciennes de Jared Diamond, dans « Collapse – How societes chose to fail or succed ». Déjà anciennes, car la maturation et l’écriture de cette étude publiée aux États-Unis en 2005 (600 pages aux Éditions Gallimard pour l’édition française) prenant de nombreuses années, l’essentiel des thèses défendues était donc produit au tout début des années 2000, voire à la fin de la décennie précédente. Son auteur est un scientifique et enseignant américain, biologiste, physiologiste et géographe qui, après avoir étudié l’effondrement d’un certain nombre de sociétés disparues, nous livre une grille de lecture et des recommandations dans un essai très documenté, très long, trop long. Aussi, ne tenterai-je pas de résumer cette étude historique et ce travail de synthèse qui mériterait d’ailleurs une synthèse. Mais au moins puis-je livrer … Lire la suite…

Où est le problème ?

Oui, où est le problème ? Question simple, mais fondamentale ; et qu’il faut poser, car comment soigner sans au préalable poser le juste diagnostic ? Les gens sont dans la rue, nombreux et partout, porteurs d’un ridicule gilet fluo. Et ils affrontent des fonctionnaires de police qui les cognent durement. Il y a, visiblement, une fracture entre ces gens et l’État. Et l’on doit s’interroger sur les raisons de cette défiance qui prend souvent la forme haineuse ; s’interroger et y revenir encore. Beaucoup de Français n’aiment pas l’Etat, certains le haïssent, alors qu’il est censé travailler à un intérêt général qui, s’il existe, ne peut être que celui de ces gens. Pourquoi donc haïr un système qui défend vos intérêts ? A cette question, on ne peut répondre en utilisant la rhétorique marxiste ou libertaire, et en évoquant simplement l’expression musclée d’un pouvoir de classe, la police de la bourgeoisie aux affaires. Je … Lire la suite…

De l’aurore du monde au matin d’aujourd’hui

Je fais souvent ce rêve étrange… Souvent ! ; en fait depuis l’enfance, aussi incroyable que cela paraisse. Un rêve si étrange et si souvent renouvelé sous des formes inépuisables, mais chaque fois différentes. Cette nuit, encore… J’étais vivant, évidemment ; sans âge bien précis. Je n’avais ni faim ni froid ; aucune souffrance physique n’alourdissait mon corps. J’étais donc, en rêve, vivant, bien vivant, mais on m’avait ôté ma vie. Je me trouvais en un lieu inconnu, urbain et densément peuplé, sans possibilité de situer ce lieu que je ne reconnaissais pas ; sans voiture et sans moyen moderne de communication. Mais communiquer avec qui ? Je n’avais personne à appeler et surtout aucun endroit où me rendre. Personne ne m’attendait. J’étais sans buts, sans histoire, étranger au monde qui m’entourait. J’imagine que Patrick McGoohan, l’auteur de cette série télévisée des années 60, « Le prisonnier », avait lui aussi fait de manière récurrente ce même … Lire la suite…

L’ivresse comme remède philosophique

Évoquant la peur, j’écrivais : « Il y a bien, psychologiquement, deux archétypes, celui du croyant et celui du mécréant, et chacun se situe quelque part entre ces ceux pôles qui déterminent et orientent la vie humaine ». On peut prolonger le propos en restant sur cette dimension psychologique ! Il y a bien, à défaut de modèles, des archétypes, et l’astrologie prospère d’ailleurs sur cette étude des caractères innés. Et si c’est un jeu de les révéler, ce n’est pas non plus sans intérêt philosophique.  Et j’en donnerai un autre exemple, en fait, très proche de cette antinomie peur-croyance.   Beaucoup de livres s’impriment avec comme objet la recherche d’une prétendue sagesse (aujourd’hui, Onfray, Lenoir, etc.). Et souvent sur le ton professoral du donneur de leçons, le ton de celui qui s’en sort mieux que les autres. Pour ma part, et bien que philosophe revendiqué, profitant de l’équivocité du terme, je me fais … Lire la suite…

Pensées pour moi-même

Une idéologie est une pensée qui n’est au service que d’elle-même, et qui préfère toujours ses fantasmes à la réalité sensible.   Une société non bourgeoise serait une société où la valeur de toute chose ne serait pas réduite à sa valeur marchande. En d’autres termes, où il y aurait place pour la non-propriété et le don. Je remarque qu’à peine les hommes envisageaient la possibilité de se poser sur la lune, que des états ou des personnes revendiquaient la propriété de certains de ses territoires. Lire la suite…

N’ayez pas peur !

N’ayez pas peur ! François nous y a invités plusieurs fois, faisant écho explicitement à la « bonne nouvelle » annoncée par le prédicateur juif Jésus, dit de Nazareth. En effet, la formule qui est souvent reprise dans les évangiles fait référence à l’Ancien Testament où, parait-il, elle serait présente plus de trois cents fois. Mais une fois de plus, je trouve le christianisme bien ambigu et de ce point de vue, pas si différent de l’islam qui n’est, il est vrai, qu’un christianisme de Bédouins.   N’ayez pas peur ! J’en ai rêvé, très précisément une certaine nuit du 15 au 16 août dernier, et je ne voulais pas terminer cette année sans en parler ; même si je ne raconterai pas ce rêve, trop doux pour en partager les détails. Mais c’est bien cela que j’ai, non pas compris, je le savais de longue méditation, mais vécu pleinement dans cette intimité onirique et … Lire la suite…

Cadeau aux Gilets jaunes

L’actualité, si imprévisible, aura fait de cette année 2018 une année politique, redonnant des couleurs, en l’occurrence jaune, à l’idée de peuple, et nous montrant à quel point le roi était nu. Sous François le troisième, d’ailleurs comme déjà sous Nicolas 1er (dit le petit), on parlait beaucoup d’un système à bout de souffle et de la nécessité d’inventer une sixième république. Et puis, le Messie biblique est venu ; et Emmanuel a réalisé le miracle de « tout changer pour que rien ne change », faisant passer cette idée de Réforme au rang de fantasme désuet et passablement ridicule. Et puis, et puis, de manière imprévue, impromptue et impertinente, le diable étant dans les détails de l’histoire – je veux dire que les gens sont, pour le système, un simple détail ; me rappelant la formule de Brecht « Puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple ! » –  les choses … Lire la suite…

Noël, Noël !

Dérèglement climatique ou pas, le père Noël revient nous visiter dans quelques jours, un peu avant les pompiers avec leurs calendriers. Il faut sans doute consentir de bonne grâce à ces rituels saisonniers. Il n’y a plus de saisons !, mais la vie continue. Je n’aime pas beaucoup les fêtes de Noël, trop peu enclin à me prêter aux rites, surtout quand le Marché nous enjoint de consommer, d’acheter absolument des gadgets qui décevront nos enfants trop gâtés, et qu’ils délaisseront sous peu. Mais il faut bien soutenir le PIB, c’est-à-dire payer de la TVA. Je trouve sur un site (www.alliancy.fr) les chiffres suivants – extraits d’un rapport « CRR annual report 2017 » –, qui ne concernent que la France de 2017 : 68,14 Milliards d’euros de dépenses prévisionnelles pour Noël, dont 19,70 pour le commerce en ligne et sur mobiles, et un budget cadeau de 320 € par ménage. … Lire la suite…

Ma peur de la violence

Nous sommes tous interpellés, touchés par la façon présente dont notre république est chahutée ; les uns furieux d’être empêchés de circuler et de vaquer librement à leurs occupations, les autres engagés ou solidaires à différents niveaux de cette mobilisation générale dont personne ne connaît l’issue. On peut être enthousiastes ou effrayés, emportés par l’hystérisation générale ou figés par la crainte ; on peut prétendre l’avoir prévu ou s’avouer sidéré par l’inattendu. De toute façon, l’évènement, ou les événements, comme on le dit pour 68 s’imposent à nous, captent l’attention, et sont l’objet de presque tous les discours. Et chacun fait écho à l’une des trois questions essentielles posées par les Gilets jaunes : justice sociale, question démocratique, transition écologique. Et chacun de s’en saisir selon sa sensibilité, sa situation personnelle, son niveau de conscience politique. Je voulais, moi, aujourd’hui et ici, évoquer la question de la violence et essayer de … Lire la suite…