Retour aux sources

Je crois beaucoup à la Réforme, non pas aux réformes qui ne sont que des rustines sur une chambre pourrie et qui n’ont pas d’autre but que de « tout changer pour que rien ne change », mais à ce que je qualifie de « Réforme au sens religieux du terme » ; cette idée de revenir aux sources pour retrouver la vérité virginale d’un projet qui s’est enlisé depuis trop longtemps dans des compromis qui l’ont dénaturé, et dont on ne comprend plus le véritable sens. Il en va ainsi de notre divise nationale : liberté, égalité, fraternité ; elle mériterait d’être expliquée, commentée, débattue, et pourquoi pas dans nos lycées afin de l’on retrouve derrière les mots, l’idée, l’ambition dans sa force et sa cohérence. Mais qui souhaite ouvrir la boite de Pandore de la réflexion politique critique, surtout entre les mains des plus jeunes ? Car la formule, pour le dire trivialement, est plutôt habile, … Lire la suite…

Un texte qui dort

Rangeant mon bureau en triant les papiers qui dormaient dans leurs chemises colorées comme une belle au bois, je retrouve un essai de théologie naturelle écrit il y a plus de dix ans. Il n’avait pas alors trouvé d’éditeur et, depuis, aucun prince tenté de le sortir de son sommeil. Je le feuillette, en relis quelques pages. C’est mauvais, mal écrit, plein de fautes, et si lourd, si lourd… Que n’ai-je eu, à l’époque, un ou une ami pour me le dire et m’encourager à laisser dormir ce texte avant de le reprendre et de le réécrire complètement ! Car sur le fond, les idées présentées, les thèses défendues, sont, non seulement intéressantes, mais pertinentes. J’y évoque notamment – c’est le chapitre que j’ai sous les yeux – les principes cosmogoniques que ma sensibilité, mon expérience, m’ont permis de comprendre ou d’inventer ; une sensibilité qui doit beaucoup à l’intuition, ce … Lire la suite…

Parole de vérité

Il n’y a de vérité que dans les faits. Le reste n’est que commentaire ou opinion. Car il faut bien distinguer le fait, son énoncé, les commentaires qui de manière quasi systématique l’accompagnent et les opinions que ces faits ou ces commentaires suscitent ; tout cela mélangé dans nos incessants débats d’idées, cohabitant dans les médias ou les réseaux sociaux, vérités comme mensonges, intox, propagande et autres produits de communication.   La vérité d’un fait se réduit à son existence : un fait « est », c’est-à-dire qu’il se produit ou s’est produit pour autant qu’on le sache, ou bien n’est qu’un mythe et, en ce sens, n’est pas un fait. Une hypothèse n’étant qu’un énoncé plus ou moins prudent d’un fait qui « est » ou « fut », possiblement. Et la question de l’existence d’un fait, qui ne peut être établi que par la conjonction des sens (le constat selon Saint-Thomas) et la preuve déductive (la … Lire la suite…

Je n’ai rien appris

Je n’ai rien appris ou si peu. Les années passent, je demeure … en l’état. Un peu moins frais, sans doute ; plus lent, moins ouvert sur le monde, plus borné par mes pauvres certitudes. En fait, on ne devient que ce que l’on est – vieille sagesse – c’est-à-dire une sorte de caricature de soi. Évidemment, il faut un certain temps pour prendre forme, que le corps se desquame du verni culturel, que la mue s’opère : on parle justement de maturité, et elle vient plus ou moins tôt, et après il reste encore à vieillir. J’aurais été plutôt lent. Mais quoi qu’on fasse, si l’on peut accélérer ou ralentir le processus de maturation, on ne devient que ce que l’on est, sans possibilité d’aller au-delà, de pousser nos limites, de s’élever de quelque manière que ce soit au-dessus de notre intime condition ; rien de plus. Et rien d’autre, donc, à … Lire la suite…

Qu’il s’en aille !

Je n’aime pas notre Président, mais cette antipathie n’est ni une détestation ni une haine, et elle ne tient ni à nos grandes différences ni à l’opposition si radicale de nos positions. Non ! ce qui m’agace tant, c’est qu’il soit la parfaite caricature incarnée de l’élite méprisant le peuple, en ce qu’il ne peut discourir sans avoir recours de manière appuyée et permanente à la démagogie. Il se moque de nous, toujours ; et ça ne peut que m’agacer. Car la démagogie, c’est une escroquerie intellectuelle, un mensonge savant, un truc moche et bien packagé. Emmanuel Macron est un menteur, et dès lors, l’écouter met mal à l’aise. C’est un représentant de cette élite qui ne souhaite pas discuter avec les gens, frayer avec le commun, coudoyer le vulgaire ; qui préfère faire sans eux et construire le monde qui lui convient, sans prendre en compte les aspirations populaires. Il ne veut … Lire la suite…

Plus d’arbres et moins d’hommes

Plusieurs fois, j’ai eu l’occasion ici de faire allusion au risque d’effondrement de nos sociétés, et chaque fois en référence aux analyses déjà anciennes de Jared Diamond, dans « Collapse – How societes chose to fail or succed ». Déjà anciennes, car la maturation et l’écriture de cette étude publiée aux États-Unis en 2005 (600 pages aux Éditions Gallimard pour l’édition française) prenant de nombreuses années, l’essentiel des thèses défendues était donc produit au tout début des années 2000, voire à la fin de la décennie précédente. Son auteur est un scientifique et enseignant américain, biologiste, physiologiste et géographe qui, après avoir étudié l’effondrement d’un certain nombre de sociétés disparues, nous livre une grille de lecture et des recommandations dans un essai très documenté, très long, trop long. Aussi, ne tenterai-je pas de résumer cette étude historique et ce travail de synthèse qui mériterait d’ailleurs une synthèse. Mais au moins puis-je livrer … Lire la suite…

Où est le problème ?

Oui, où est le problème ? Question simple, mais fondamentale ; et qu’il faut poser, car comment soigner sans au préalable poser le juste diagnostic ? Les gens sont dans la rue, nombreux et partout, porteurs d’un ridicule gilet fluo. Et ils affrontent des fonctionnaires de police qui les cognent durement. Il y a, visiblement, une fracture entre ces gens et l’État. Et l’on doit s’interroger sur les raisons de cette défiance qui prend souvent la forme haineuse ; s’interroger et y revenir encore. Beaucoup de Français n’aiment pas l’Etat, certains le haïssent, alors qu’il est censé travailler à un intérêt général qui, s’il existe, ne peut être que celui de ces gens. Pourquoi donc haïr un système qui défend vos intérêts ? A cette question, on ne peut répondre en utilisant la rhétorique marxiste ou libertaire, et en évoquant simplement l’expression musclée d’un pouvoir de classe, la police de la bourgeoisie aux affaires. Je … Lire la suite…

De l’aurore du monde au matin d’aujourd’hui

Je fais souvent ce rêve étrange… Souvent ! ; en fait depuis l’enfance, aussi incroyable que cela paraisse. Un rêve si étrange et si souvent renouvelé sous des formes inépuisables, mais chaque fois différentes. Cette nuit, encore… J’étais vivant, évidemment ; sans âge bien précis. Je n’avais ni faim ni froid ; aucune souffrance physique n’alourdissait mon corps. J’étais donc, en rêve, vivant, bien vivant, mais on m’avait ôté ma vie. Je me trouvais en un lieu inconnu, urbain et densément peuplé, sans possibilité de situer ce lieu que je ne reconnaissais pas ; sans voiture et sans moyen moderne de communication. Mais communiquer avec qui ? Je n’avais personne à appeler et surtout aucun endroit où me rendre. Personne ne m’attendait. J’étais sans buts, sans histoire, étranger au monde qui m’entourait. J’imagine que Patrick McGoohan, l’auteur de cette série télévisée des années 60, « Le prisonnier », avait lui aussi fait de manière récurrente ce même … Lire la suite…

L’ivresse comme remède philosophique

Évoquant la peur, j’écrivais : « Il y a bien, psychologiquement, deux archétypes, celui du croyant et celui du mécréant, et chacun se situe quelque part entre ces ceux pôles qui déterminent et orientent la vie humaine ». On peut prolonger le propos en restant sur cette dimension psychologique ! Il y a bien, à défaut de modèles, des archétypes, et l’astrologie prospère d’ailleurs sur cette étude des caractères innés. Et si c’est un jeu de les révéler, ce n’est pas non plus sans intérêt philosophique.  Et j’en donnerai un autre exemple, en fait, très proche de cette antinomie peur-croyance.   Beaucoup de livres s’impriment avec comme objet la recherche d’une prétendue sagesse (aujourd’hui, Onfray, Lenoir, etc.). Et souvent sur le ton professoral du donneur de leçons, le ton de celui qui s’en sort mieux que les autres. Pour ma part, et bien que philosophe revendiqué, profitant de l’équivocité du terme, je me fais … Lire la suite…

Pensées pour moi-même

Une idéologie est une pensée qui n’est au service que d’elle-même, et qui préfère toujours ses fantasmes à la réalité sensible.   Une société non bourgeoise serait une société où la valeur de toute chose ne serait pas réduite à sa valeur marchande. En d’autres termes, où il y aurait place pour la non-propriété et le don. Je remarque qu’à peine les hommes envisageaient la possibilité de se poser sur la lune, que des états ou des personnes revendiquaient la propriété de certains de ses territoires. Lire la suite…