Politique de libertés

 

Ceux qui pensent que la politique est l’art de gérer l’économie de la nation se trompent gravement, fatalement… La fin essentielle de la politique, c’est la préservation des libertés individuelles, le reste n’étant qu’accessoire. Mais on ne peut parler de « La liberté » de manière générique : Il faut toujours distinguer ses dimensions politique ou ontologique, et savoir d’où l’on parle.

Ontologiquement, nous sommes déterminés par notre nature propre et par les nécessités de la Nature, mais aussi par notre histoire, personnelle et collective ; et notre libre arbitre, considéré comme autonomie de notre vouloir, se réduit, non seulement à vouloir sans savoir ce qui, en nous, veut, mais aussi à croire naïvement à l’existence d’un « Je » dans une autre réalité que sensible.

D’un point de vue politique, notre liberté s’inscrit entre les bornes que le droit pose, et qui, ce faisant, créent cette liberté comme espace du possible ; et c’est en quelque sorte la liberté de l’animal dans son enclos ; et toute perte ou revendication de liberté questionne la place de la clôture, ou la surface enclose ; on peut ainsi, repoussant les limites ou réduisant cet espace, affranchir ou contraindre, mener des politiques libératrices ou liberticides.

Quant à la responsabilité morale ou juridique, ce n’est qu’une fiction nécessaire au vivre-ensemble, de même nature que le contrat social, c’est-à-dire basée sur un consentement non seulement tacite, donc sans contenu clair, sans valeur juridique, donc sans vraie valeur ; mais surtout fondée a posteriori, comme une maison dont on construirait les fondations, alors que l’on pose déjà, dans le même temps la charpente ou les tuiles. La responsabilité est aussi une construction idéelle, le talon d’Achille de toute construction politique censée marcher. Les libertariens qui veulent se passer de l’État ne manquent d’ailleurs pas d’y décocher leurs traits. La responsabilité suppose donc et le libre arbitre et l’existence d’un je politique, comme être que l’on puisse déférer devant des juges. Et cette option, matérialiste, peut se réduire à un double contrat, individuel et social ; et qui consiste à reconnaître et les corps comme êtres et la société comme cadre naturel d’existence de ces êtres humains. Cette, ou ces conventions sont à prendre ou à laisser. Elles ne sont pas à négocier, mais à accepter, sachant que les refuser signifierait la mort individuelle et sociale. Par l’une, chacun accepte de considérer l’individu comme un corps politique capable d’opérer des choix et de les assumer, par l’autre, chacun accepte de subordonner sa volonté à celle d’un État, parfois libérateur, souvent liberticide.

Réflexions qui me ramènent à mon obsession démocratique. La démocratie n’étant que l’égal pouvoir de décider, ou, pour le dire autrement, non pas, surtout pas, la construction d’une élite adoubée par le vote, mais la confusion des gouvernants et des gouvernés. C’est-à-dire, d’une manière apparemment paradoxale, un cadre laïc, qui sépare, non seulement la religion de l’État et du Politique, mais plus encore, l’État du Politique. Un système vraiment démocratique devant donc exclure du champ politique, les fonctionnaires de Dieu, mais aussi ceux de l’État.

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