Pour ou contre le droit de grève militaire.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg a donc jugé que les militaires français ont le droit de se syndiquer. Prenons bien de la mesure de la chose.

Mais tout d’abord n’assimilons pas la C.E.D.H et la Cour de Justice de l’Union Européenne, qui sont l’un et l’autre des tribunaux, pour le premier produit du Conseil de l’Europe[1] auquel la France a adhéré en mai 1949 et pour le second de l’U.E, Conseil et Union ne se superposant pas. Cet arrêt démontre que toute adhésion à une organisation supranationale est la porte ouverte à une perte de souveraineté.

Et notre pays a donc abandonné la sienne. Insistons sur ce point, non pas pour le déplorer, mais plus simplement pour le constater. La France n’est plus un État souverain, même si l’État français garde beaucoup de prérogatives, mais de plus en plus encadrées par des textes européens et internationaux. Notre pays a perdu sa capacité à gérer sa monnaie, aujourd’hui elle perd – même si cela prendra un peu de temps et passera par quelques étapes emblématiques – sa souveraineté militaire. Chacun jugera si c’est la meilleure des choses dans le pire des mondes, ou l’inverse.

Comprenons le problème. Si l’État est condamné à autoriser les militaires à se syndiquer, comment ce même état pourrait-il autoriser certains syndicats et en interdire d’autre ? Sur quelles bases ? Demain – ou peut-être après demain, il y aura donc, inéluctablement, des soldats à FO des marins CGTistes (avec le pompon rouge), des aviateurs affiliés, à la CFDT, ou à Sud. Et comme l’arme de base (de poing ?) du syndicat est la grève, nous aurons des soldats en grève, peut-être pour réclamer le droit de grève. Et les syndicats demanderons légitimement à être associés à l’élaboration du livre blanc de la Défense Nationale, revendiquerons dans la rue des budgets complémentaires, exigeront d’être représentés dans les Etats-majors pour discuter des stratégies ou des territoires d’intervention.



[1]. Le Conseil de l’Europe qui est l’organisation promotrice de la Convention Européenne des droits de l’homme est le volet moral de l’O.C.D.E.