Légitimité démocratique

Alors que les relations entre décideurs et usagers se tendent et que les conflits sociaux augmentent en nombre et en intensité, les procès en illégitimité fleurissent. Et je voulais évoquer les trois formes de légitimité que l’on peut « légitimement » invoquer.

Il y a certes la légitimité représentative, en politique et pas seulement, qui permet de se prévaloir d’un mandat – plus ou moins impératif. Évidemment, quand on est élu avec un taux record d’abstention qui voisine ou dépasse les 50%, cette légitimité sortie toute propre des urnes est entachée. Et c’est l’un des avantages, et non des moindres, de l’élection des députés par le sort. S’affranchissant du vote, il évite cet écueil.

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Réactionnaire assumé

J’entendais récemment Michel Onfray répondre, alors qu’on le présentait comme un gaulliste de gauche, qu’il était prêt à abandonner le qualificatif « de gauche ». Qu’a-t-il voulu dire ? Il ne s’en est pas expliqué. Personnellement, plus je crois comprendre de Gaulle, plus je me sens gaulliste, mais sans rien renier de mon enracinement à l’extrême gauche d’un échiquier qui n’est qu’une façon comme une autre d’opposer les uns aux autres, souvent sur des sujets mineurs, donc loin de l’essentiel ; et sur un schéma un peu étroit de lutte des classes.

De Gaule n’était pas de gauche, évidemment. Était-il de droite ou du centre ? À l’évidence, il avait une certaine idée de la France et du Peuple.

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Le progrès, cette foutaise…

Members of the gendarmerie run during a demonstration called by the collective « Bassines Non Merci » against the « basins » on the construction site of new water storage infrastructure for agricultural irrigation in western France, in Sainte-Soline, France March 25, 2023. REUTERS/Yves Herman

On me parle de progrès, je ne le vois pas. A-t-on réussi à empêcher les hommes de vieillir ? Non ! Nos EHPAD regorgent comme nos décharges publiques. A-t-on éradiqué la pauvreté ? Non ! En France, elle serait stable à un niveau de 14,6% de la population, et les écarts entre riches et pauvres ne cessent de s’accroitre. A-t-on réussi à construire ici des sociétés apaisées, sans haine ? Non ! La violence est le second trait de notre modernité, et l’Etat y prend sa part : perte des libertés individuelles, augmentation des violences, destruction de l’environnement, etc. A-t-on mis fin aux guerres ? Non ! Après Poutine, Xi Jinping est prêt à sacrifier à son rêve impérialiste la paix du monde. La démocratie a-t-elle progressé quelque part ? Non, non et encore non ! Par contre, la planète n’a jamais été si mal en point et les humains si exploités, tant encadrés, surveillés. Le projet européen offre-t-il quelques espoirs à notre continent ? Non ! Le monde qu’il nous prépare est « digne » de la plume d’Orwell.

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Croire

Ne parlons pas des athées…

Écoutant Éric-Emmanuel Schmitt présenter son dernier livre, « Le Défi de Jérusalem », je me disais qu’il y a une différence radicale entre celui qui croit, car il sait qu’il ne sait pas et en est donc réduit à croire, quitte à aller jusqu’à croire bien que ce soit absurde, voire parce que c’est absurde, et celui qui ne croit pas et doute, car il sait qu’il ne sait pas et ne croit donc pas et voit bien que tout cela est quand même absurde. Et de me dire que cette différence, malgré la question de la révélation, est proprement psychologique.

L’appel d’Eton Musk

Il y a deux jours, je lisais sur le site d’un journal économique français : « ChatGPT et l’IA menacent 300 millions d’emplois dans le monde, selon Goldman Sachs ».

Et je me rends compte que j’ai une innovation de retard et que je ne connaissais pas la technologie ChatGPT. C’est, si je comprends bien, un « prototype d’agent conversationnel », autrement dit un modèle de langage utilisant l’Intelligence Artificielle et capable d’apprentissage automatique. Il peut donc comprendre les contextes et les intentions de ses interlocuteurs et fournir, en temps réel, des réponses précises et pertinentes. C’est donc, si je comprends toujours ce que je lis, une « intelligence » capable de remplacer l’humain de manière pertinente et crédible dans une « relation conversationnelle », en apprenant de son interlocuteur pour mieux lui répondre, pour interagir avec lui de manière plus humaine. C’est donc de l’IA adaptée à la relation « humaine » et capable de remplacer les agents humains dans les relations quotidiennes entre les organisations et leurs usagers ; que ces organisations soient des entreprises ou des services publics.

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