Le dossier Godrèche-Jacquot

On en parle trop dans les médias pour que je reste indifférent à « l’affaire » et ne sois pas choqué par l’hystérisation de certains propos. Et de regretter que ce ne soit pas l’occasion d’en débattre sereinement. Et bien que je ne prétende pas être capable de porter sur ce sujet un regard plus perspicace ou d’avoir une analyse plus fine que la moyenne, je souhaite néanmoins réfléchir avec vous à haute voix.

Il me semble que ce fait divers – j’assume le terme de « fait divers » comme j’assumerai tout autant celui « d’affaire de mœurs » – peut être appréhendé au moins par trois dimensions, et c’est pour essayer de poser ainsi les termes d’un débat que je n’ai pas la prétention de mener bien loin, que j’écris ces lignes. La première dimension est psychologique et nul doute que des psychologues écrivent des livres sur ce cas d’école qui peut faire évoluer la règlementation. Et, même si la psychologie n’est pas une science, encore moins une science dure, ce que les experts du comportement peuvent nous dire sur les mécanismes de dépendance est important. Et une experte expliquait récemment chez Praud la différence entre transmission et prédation… si j’ai bien compris entre don et vol, et, dans une dimension plus symbolique, entre consentement et viol. C’est la question de la dépendance entre deux êtres, de la nature même de l’amour et de la réalité du consentement d’une personne sous emprise. Et ce que j’entends de la relation Godrèche-Jacquot semblerait montrer une dépendance, peut-être teintée de différents sentiments de différentes natures. Et ce premier débat ne peut être qu’un débat d’experts auquel on ne peut participer que comme candide, spectateur critique ou questionneur, mais qui nous renvoie tous à notre façon de concevoir la relation, et aussi les relations d’autorité. Et de ce point de vue, et sans jeu de mots, on est souvent dans l’entre-deux.

La seconde dimension est morale. Et on peut comprendre que le viol soit moralement commandable, qu’il s’agisse de viol de conscience ou de viol d’un corps. Certaines société ou culture appréhendent ou ont appréhendé ce sujet différemment de la nôtre, et je ne suis pas sûr que l’on puisse l’essentialiser ou le trancher de manière kantienne, c’est-à-dire religieuse : d’un côté le bien, qui nous serait toujours connu « a priori », par simple interrogation casuistique, et le mal qui se reconnaitrait à son odeur… peut-être celle des charniers, peut-être celle de l’eau de toilette du mâle blanc occidental. Je pense en effet que notre conscience n’échappe pas à une forme de détermination culturelle, ce qui, en teintant cette morale de subjectivité, ne la rend pas moins centrale. Et notre culture est chrétienne, et l’athée le plus radical n‘y échappe pas. Sur ce dernier point, j’aurais l’occasion de chroniquer l’excellent dernier livre de Miche Onfray « Patience dans les ruines ». Notre culture, qui a du mal avec les corps, qui, tout à la fois les méprise – pour un chrétien, c’est l’âme qui a de la valeur – et en sacralise la viginité – ne pas les montrer, ne pas en parler, les sanctuariser en quelque chose… – ne condamne pas le viol des consciences. Et je me demande, si la relation Godrèche-Jacquot avait été vierge de consommation sexuelle, si, bien que tout autant dépendante, déséquilibrée, prédatrice, faussement consentante, elle n’aurait pas été plus acceptée, voire curieusement qualifiée de pure. Et j’entends que l’on peut considérer comme outrancier le fait de comparer le viol des consciences par la propagande ou la publicité, et celle d’une gamine dans une « tournante » de banlieue, ou dans une voiture, tard le soir sur un parking. Pour moi, sur le fond, c’est un peu la même chose, un viol, mais évidemment que la violence de l’acte n’est ni de même niveau ni de même nature ; une violence d’ailleurs absente dans le viol en question – c’est ce dont elle parle quand elle évoque tardivement ce défaut de réel consentement. Mais la fait est que notre culture s’arrange plutôt bien du viol des consciences, un viol qui est à la base des religions du livre, donc de notre culture, et du viol des corps.

Reste la loi, dernière approche qui me parait essentielle. Les sources de la loi sont multiples : la tradition, la morale, l’intérêt de la société, de l’État et d’un certain nombre de lobbys. Cette affaire est condamnable moralement, mais ça se discute… Elle l’est aussi, en droit, et ça se plaide. Notre loi, depuis 1982, interdit une relation de couple entre une mineure de 14ans et un homme de quarante. Et à charge des juges d’apprécier la situation. Mais ces faits peuvent être prescrits, comme tous les délits ou crimes (sauf à de très rares exceptions). Et il existe aussi une responsabilité parentale. Accepter que sa fille de quatorze ans quitte le foyer familial pour aller vivre avec un homme beaucoup plus âgé qui lui ouvre son domicile et son lit, c’est être complice d’un délit ou peut-être d’un crime. A ma connaissance, la relation sexuelle entre une mineure de moins de 15 ans et un adulte est définie par le Code pénal comme une atteinte sexuelle, punie aujourd’hui de 5 ans de prison et 75 000,00 € d’amende. Et en cas de non-consentement, l’acte peut être requalifié en viol, c’est-à-dire de crime. Et si l’âge du consentement est de 15 ans, cela ne veut pas dire grand-chose après cet âge, mais décide de manière très normée, théorique, et indépendamment de toute maturité physique ou psychologique qu’avant cet âge, un consentement ne vaut rien devant un tribunal.

En conclusion de quoi, et c’est ce que je voulais dire, pour peu que l’on ait quelque chose à dire sur cette « affaire » ou quelque compétence pour le faire, il me parait essentiel de préciser si l’on veut en traiter les dimensions psychologique, moral ou juridique.

Les droits de vivre et de mourir

Je l’ai souvent dit, et depuis longtemps, mettre un terme à sa vie, c’est parfois prendre acte que cette vie n’étant plus qu’une survie, on est déjà mort. Mais je conviens que cela pose un certain nombre de questions.

L’euthanasie a mauvaise presse… peut-être parce qu’entendre prononcer ce mot c’est curieusement – car sans rapport de sens – entendre « nazi » et y associer d’autres idées comme eugénisme négatif ou solution finale. Pourtant, il serait bon que l’on puisse enfin débattre de ce concept mal défini, mais aussi du suicide assisté qui me parait tout autant problématisable. Mais entendons-nous bien, être favorable à une problématisation n’est pas nécessairement être défavorable à la chose ; et il me semble qu’il faudrait déjà s’accorder sur des définitions qui peuvent se superposer, s’imbriquer, car dans l’un ou l’autre des cas, il s’agit bien de demander à la médecine de mettre un terme prématuré à une vie devenue insupportable.

Et si je devais mieux distinguer les situations, les démarches, c’est en prenant en compte celui qui décide d’en finir avec une survie qui n’a plus de sens. Car au bout du compte, qu’importe les raisons de ce désir d’en finir s’il est « raisonnablement » justifié : on devrait alors pouvoir le faire décemment. Et ce n’est malheureusement, tristement, pas le cas à l’heure où l’on parle d’inscrire dans la constitution le droit des femmes à avorter, droit que la loi leur accorde déjà et qu’aucun parti politique ne songe à leur retirer. Mais pourquoi passer ici de l’euthanasie à l’avortement ?

Je ne pense pas que l’affirmation de ce dernier droit ait sa place dans notre constitution qui n’est pas et ne doit pas être une charte des droits – M. Larcher l’a justement rappelé. Et si ce combat devait être mené, il conviendrait de le faire à un niveau international pour que soit révisée la Déclaration Universelle des Droits Humains, ou, à défaut, demander ici une révision de notre Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, afin que soit aussi, de ce fait, précisé que cet homme-là peut être aussi du genre féminin – ce qui n’était pas dans l’esprit des rédacteurs du texte de 1789 qui ont octroyé le droit de vote aux citoyens et l’ont refusé aux citoyennes. Mais si nous devons inscrire dans ce texte les droits fondamentaux (c’est déjà le cas, et « ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression »), il conviendrait de rajouter, non pas le droit d’avorter, mais celui de vivre et de mourir dignement, et peut-être celui de procréer – je pense à l’eugénisme… Ce qui emporterait aussi le droit à disposer de revenus décents et de mettre fin à sa vie proprement. Car on ne peut séparer droit de vivre et droit de ne plus vivre. Et je crois donc que cela mériterait un débat à une époque où ce droit de vivre est refusé à certains – je pense aux juifs qui, hier, se voyaient refuser ce droit par les nazis, et qui, aujourd’hui encore, se le voient contester par les islamistes –, et savoir le droit de mourir dans la dignité refusé à ceux qui souhaitent abréger leur souffrance… J’écoutais récemment Alain Delon qui, dans cet entretien daté de peu d’années, exprimait clairement ce droit d’une personne âgée à mettre un terme à sa déchéance quotidienne.

Quant à l’euthanasie, s’il s’agit de permettre à un médecin ou à la famille de décider qu’un malade qui souffre doit mourir, je comprends que l’on puisse s’effrayer des dérives possibles. Mais la liberté de décider, en conscience, de mourir me parait essentielle. J’ai vécu personnellement les morts de deux proches : l’un s’est accroché à la vie jusqu’au bout, et de manière déraisonnable – je veux dire que ce combat n’était plus dicté par sa raison et que la question de son euthanasie aurait pu être posée ; et l’autre a souhaité mourir, mais ne le pouvait pas et a dû agoniser trop longtemps, me laissant un souvenir très laid de ses derniers moments, rongés par le cancer. Refuser ce droit des individus à décider et à organiser leur mort, c’est démontrer à quel point notre système politique est injuste et méprise les droits fondamentaux humains. Ou peut-être, reste prisonnier d’une idéologie chrétienne ? Quant à soumettre la question à référendum, n’en parlons pas dans un système qui méprise pareillement la démocratie populaire. Mais gageons que si Mme Von Der Leyen en décidait ainsi, Emmanuel Macron, en bon petit soldat, modifierait très vite la loi française. 

La survie de l’agriculture française, une question existentielle pour notre nation..

On se souvient peut-être qu’Hitler avait soigneusement planifié le développement de l’Europe nazi en imaginant spécialiser les différents territoires du grand Reich (le Großdeutsches Reich) compte tenu de leurs spécificités « naturelles » ; et notamment, l’Industrie en Allemagne et l’Agriculture en France. Ce qui était assez logique, car, même si la France ne se réduit pas à une vaste exploitation agricole, l’agriculture n’est pas seulement économiquement essentielle, elle structure depuis longtemps l’identité même de notre pays, qu’il s’agisse de la culture ou des paysages.

Toucher à la paysannerie française, pousser les exploitants agricoles au suicide, c’est donc porter atteinte à notre identité : question existentielle. Et on aurait aujourd’hui envie de crier au fonctionnaire bruxellois : « Touches pas à mon paysan ! » Et parler de suicide n’est pas une figure de style censée dramatiser la situation. Yannick Jadot affirmait cette semaine sur France info qu’« un tiers des agriculteurs vivent sous le seuil de pauvreté » et que « deux agriculteurs se suicident par jour ». J’avais déjà évoqué sur ce blog, il y a déjà quelques années, l’effarant taux de suicide des exploitants agricoles propriétaires de leur terre – près de 80 fois plus que la moyenne nationale. Et j’aimerais interpeller notre Président sur cette situation. Est-il normal que dans notre pays, les salariés perçoivent au moins le SMIC et bénéficient de 5 semaines de congés annuels, que les sans-emplois soient indemnisés, que certains immigrés n’ayant pas la nationalité française bénéficient d’allocations – tout cela étant très bien –, mais que, dans le même temps, des travailleurs de la terre dont certains ne peuvent jamais partir en vacances, vivent pour le tiers d’entre eux – j’ai regardé, ce serait peut-être le quart – sous le seuil de pauvreté ? J’aimerais l’interpeller et lui demander : « Depuis sept années, qu’avez-vous fait pour eux ? »

Mais allons au fond du problème. J’accuse la Commission européenne d’être, pour des raisons purement idéologiques, le fossoyeur de l’agriculture française, sacrifiée d’une part au nom d’une politique de normalisation outrancière de l’agriculture européenne, et d’autre part de la promotion d’un libre échange qui accepte de mettre en concurrence, sur notre continent, des produits aux qualités très contrôlées et des produits venant de pays « exotiques » qui ne respectent aucune règle, ni environnementale ni sociale. Cette ouverture « suicidaire » n’étant pratiquée ni par la Chine, ni par les États-Unis, ni par l’Inde.

Et j’accuse, pour des raisons tout autant idéologiques, Emmanuel Macron d’avoir sacrifié notre agriculture pour ne pas fâcher Bruxelles. Est-ce une faute ? Est-ce un crime ?

Notre problème, ce n’est pas l’existence de l’Europe comme entité géographique ou culturelle, ce n’est même pas l’Europe comme projet de coopération politique ou économique, c’est l’autocratique UE comme vecteur d’une idéologie liberticide et destructrice de valeur. Quand va-t-on remettre de l’ordre à Bruxelles ? Il est urgent de réaffirmer constitutionnellement la primauté de notre droit national sur le droit européen, d’annuler un certain nombre de normes qui s’imposent à nos agriculteurs, et de fermer nos frontières aux produits des pays qui ne les respectent pas. Qui aura le courage de le faire ? Et à ceux qui me disent : « ce n’est pas possible, on a signé des traités qui nous en empêchent ; on n’a donc pas le droit de faire cela ; on risquerait des amendes », laissez-moi répondre ceci :

De tout temps, on a signé des traités ; de tout temps on a, au pire violé, au mieux suspendu en l’attente de renégociation, ces traités. Prétendre qu’on ne peut pas contrevenir à la loi commune européenne, c’est prétendre qu’un automobiliste ne peut pas rouler plus vite que la vitesse autorisée. Notre quotidien à tous nous montre que l’on peut parfaitement, tout en en acceptant les conséquences, violer la loi, et chacun sait que si sa vie est en danger, ou qu’on doit conduire à l’hôpital un blessé grave, il se moquera des limitations de vitesse. Enfin, la France risquerait des amendes… laisse-moi rire ! …, C’est nous qui payons, c’est à nous de mettre aujourd’hui une forte amende à la Commission européenne, en refusant de payer une partie significative de notre contribution, au prétexte que son fonctionnement ne nous convient pas, et d‘en exiger une remise à plat. Quant au risque de se voir exclu de l’EU… autre crise de fou rire… le BREXIT nous a mis en position de force ; merci aux Britanniques ! L’UE accepterait-elle de ne fonctionner qu’avec l’Allemagne, ses satellites, et quelques pays du sud ? Un nouveau Reich allemand ? – traduire ici « Reich pour « Empire » – le quatrième…

On voit Gabriel Attal s’évertuer à trouver des solutions. Il ne pourra que creuser un peu plus le déficit abyssal de nos comptes publics en distribuant quelques aumônes qui ne règleront rien. Le problème est structurel ; rien ne pourra être réglé sans s’attaquer à la Commission européenne, au lobby agroalimentaire et à la grande de distribution, symboles de cet attelage fatal que je dénonce à longueur d’article, en ces termes, de la Bureaucratie et du Marché. Mais notre Président roule pour cet attelage et n’y touchera pas. Oui, le Président Emmanuel Macron, qui déclarait il y a peu qu’il n’existe pas de culture française (il ne parlait pas d’agriculture), ne fera rien de tout cela, car il adhère totalement à l’idéologie mondialiste et bureaucratique de la Commission, et il est aujourd’hui son complice avant d’être demain son candidat à la Présidence de l’Europe. Ayons donc au moins la pudeur de faire silence et de laisser les agriculteurs mourir tranquilles.  

Un réarmement démographique ?

C’est notre président qui en a parlé en ces termes, nous apportant de nouvelles preuves de ses talents de communicant. C’est bien un fils de com, pour le meilleur et pour le pire, capable de trouver toujours le mot juste pour marquer les esprits. Sandrine Rousseau, que je cite aussi peu que je l’apprécie, lui a répondu la semaine dernière plusieurs choses dont je reprends deux extraits : « Je vais vous dire et ça va être choquant, mais la baisse de la natalité fait partie des variables qui sont rassurantes » ; et puis encore : « On n’a pas besoin, pour notre système économique, d’avoir plus d’enfants et je le dis en tant qu’économiste ».

À l’évidence, voilà bien un sujet de fond qui mériterait un vrai débat, je veux dire authentiquement démocratique, puis la proposition d’un plan (croissance/décroissance) et une consultation populaire par référendum. Nous n’aurons rien de cela, car nous ne vivons pas en démocratie, mais dans un système de gouvernance où le pouvoir est partagé entre une classe politique qui a perdu de vue ses électeurs, des hauts fonctionnaires faillis, et les tenants du Marché qui ne voient que leurs intérêts.

Et si ce débat nécessaire devait alors lieu, il mettrait en lumière au moins quatre dimensions à la question démographique : géopolitique, économique, environnementale, sociétale. Et j’en néglige ici faute d’inspiration…

D’un point de vue géopolitique, et c’est là où l’on peut parler de réarmement, il faut bien considérer que la démographie est ou a été une arme. On sait que les politiques natalistes menées entre les guerres européennes ou mondiales avaient comme premier objectif de produire des combattants, voire de la chair à canon. Et on comprend que cette question doit travailler le gouvernement israélien. Car on se souvient de la menace lancée par Boumediene, l’ancien président la République Populaire et Démocratique Algérienne, à la Tribune de l’ONU en 1974 : « Avec le ventre de nos femmes nous vaincrons l’Occident ». Plus récemment, Recep Tayyip Erdogan a condamné les idées mêmes de contraception et de planning familial en ces termes : « Nous allons accroître notre descendance. On nous parle de planning familial, de contrôle des naissances. Aucune famille musulmane ne peut avoir une telle approche. Nous suivrons la voie indiquée par Dieu et notre cher prophète ». Faut-il se réarmer démographiquement en vue d’une guerre de civilisation ? Personnellement, je suis pacifiste, car je ne crois pas à la guerre comme solution à un quelconque problème. Mais un pays doit être suffisamment armé pour défendre son intégrité territoriale, ses citoyens et ses valeurs, et surtout l’être de manière dissuasive. Reste à faire les bons choix… Et peut-être vaut-il mieux, en la matière, faire confiance à la mécanique plutôt qu’à l’humain, produire des bombes aussi précises que possible plutôt que de la chair humaine combattante. D’ailleurs ce débat a déjà été tranché en France par Jacques Chirac qui, en préférant en 1997 une armée de métier à une de conscris, a confirmé l’importance « relative » du nombre de combattants. Et la France n’est pas Israël. En conclusion, on ne peut justifier la relance de la natalité dans un objectif de réarmement. C’est pourtant le terme qui a été choisi.

Sur l’aspect économique, qui est le seul qui intéressera toujours notre président, Sandrine Rousseau a raison, d’un certain point de vue… L’économie n’a pas besoin, pour produire, d’hommes et de femmes – ni bientôt pour livrer. Et de toute façon, compte tenu de tous ces fonctionnaires inutiles que l’on pourrait réaffecter à des tâches de production et nos millions de chômeurs – plus de sept millions déclarés à Pole Emploi, mais comme pour les immigrés, nul n’en connait vraiment le nombre –, la question n’est pas là. Même s’il existe objectivement des métiers en tension : chercheurs, médecins spécialistes, urgentistes, électromécaniciens bien formés, professeurs, électriciens automobiles, chefs d’équipe dans le bâtiment, secrétaires connaissant l’orthographe, hôtes ou hôtesses d’accueil dans les administrations – des vrais gens pour régler les problèmes en lieux et places des machines qui le créent –, etc., etc.  Et si l’économie a besoin de gens, c’est de consommateurs, quitte à ce que ces consommateurs soient sans emplois, mais allocataires aux revenus suffisants pour faire tourner les supermarchés et absorber la production chinoise. Mais cela au profit de qui ?

Et sur le plan environnemental, tout consommateur est évidemment un pollueur. Il suffit de constater comment la France s’est urbanisée en un demi-siècle et comment nous avons partout détruit, pollué…

Reste la dimension sociétale. Je continue à penser que la promiscuité est un facteur important d’accroissement de la violence. En France, comme partout en Europe et plus largement en Occident, nous sommes trop nombreux. Une décroissance de la population, au moins à court terme, « je vais vous dire et ça va être choquant » ça ne me fait pas peur. Quant à s’attaquer à la perte de la fertilité, c’est un enjeu de santé publique, chaque couple devant pouvoir librement choisir d’avoir des enfants ou pas. Mais reste le problème du grand remplacement qui, dans certains départements, est une réalité mesurable. Je lis dans l’excellente étude de Jérôme Fourquet de « La France d’après » qu’en Seine-Saint-Denis, depuis 2021, plus de la moitié des enfants déclarés portent à la naissance un prénom musulman. À partir de quel seuil sur l’ensemble du territoire (50 %, 75 %, 90 % ?) nos esprits bien-pensants accepteront-ils d’y voir un problème de société ? Mais j’ai peur que ce soit déjà trop tard.   

Reste la question, non pas de l’immigration, mais du grave problème de défaut d’assimilation d’une population trop nombreuses à ne pas partager les valeurs occidentales. Nous n’avons ni la vocation ni la possibilité de répondre à la misère du monde, mais seulement le devoir, dans une certaine mesure, de porter assistance à des personnes qui partagent nos valeurs et sont menacées dans leur pays pour des raisons idéologiques. Pour le reste, nous pourrions nous inspirer de certains pays comme le Canada, qui a une politique dynamique d’immigration : sur dossier, une immigration ouverte à des personnes qui maitrisent, à l’écrit comme à l’oral, la langue du pays d’accueil, qui déclarent partager ses valeurs, et qui peuvent justifier de ce qu’ils peuvent apporter : formation diplômante, savoir-faire, projet personnel…

Oui, Sandrine Rousseau…

Mais je rajoute trois lignes, sans vouloir jouer au petit Clausewitz. Si la question du réarmement démographique se pose en ces termes, peut-être vaudrait-il mieux transformer l’OTAN en Alliance Occidentale de Paix, alliance armée, puis rappeler à la Russie que, si elle devait se souvenir un jour de ses racines judéo-chrétiennes, cette Alliance pourrait lui était ouverte. Et puis être prêts à se défendre, sans agressivité inutile.  

Un peu de tambouille politicienne

Ne relisons que le premier article de notre constitution car le reste du texte nous gaverait un peu. On y affirme que notre République est « indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Mais, comme les jeunes pourraient le dire s’ils s’intéressaient à ces sujets, c’est un peu du pipeau. Disons-le autrement : c’est une formule qui se veut performative, mais qui ne performe plus… vœux pieux d’une république laïque et sans âme qui n’a jamais été plus divisée (les territoires perdus de la république…), plus impuissance et fragile face à l’islamisation de la société, moins démocratique (usage inconsidéré du 49.3, et refus absolu des référendums…). Et son président, dont l’engagement européen ruine notre démocratie déjà fortement débilitée, est antisocial et, jusqu’à ces derniers mois, a beaucoup cédé aux musulmans radicaux à la grande joie de l’extrême droite qui sait que ces renoncements lui ouvrent grandes les portes du pouvoir.

Et il vient donc de remanier son gouvernent, restant fidèle à son principe : « Tout changer pour que rien ne change ». Il lui a donc fallu faire preuve d’imagination pour sortir de l’impasse où il se trouvait et promouvoir un schéma inédit, quitte à surprendre. Et dans le but de maintenir En Marche des institutions qui pourtant ne fonctionnent plus ; et maintenir son cap : brader la souveraineté nationale au nom d’une souveraineté européenne dont on ne comprend pas l’équation, contenir les classes populaires dans leur précarité, rouler cheveux au vent pour la haute bourgeoisie, quitte à sacrifier les classes moyennes. Il lui faut donc transférer le pouvoir, tout le pouvoir, à une bureaucratie européenne dont il se voit futur Président, mais aussi maintenir le reste en l’état quitte à opérer des corrections, recalages, replâtrages. Et tout cela « vendu » par des bonimenteurs rompus à tous les artifices de com, costume-cravate et main sur le cœur.

Oui, Emmanuel Macron est un conservateur bourgeois qui s’inscrit dans une filiation mitterrandienne. Mais il est intelligent, doué pour la com et les calculs politiciens. Et comme il n’a plus de majorité dans une Assemblée de plus en plus marquée à droite, il réinvente de manière assez habile la cohabitation qui s’impose. Il constitue un gouvernement de droite en puisant chez les Républicains, (Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Rachida Dati, Catherine Vautrin, Christophe Béchu, Sébastien Lecornu) en prenant comme Premier ministre un proche, ancien socialiste. Si cela ne s’appelle pas innover… Et c’est l’avantage assez génial de se prétendre « ni de droite ni de gauche », ni du centre : From nowhere ! Un président de droite et un gouvernement de gauche, tout comme l’inverse, cela s’appelle une cohabitation (invention mitterrandienne), un président de nulle part et un gouvernement de droite ou de gauche, cela s’appelle… en fait, je ne sais pas… invention macronienne. Mais cela est nouveau, disruptif, et ne semble avoir qu’un objectif, celui de maintenir aux affaires ceux qui nous gouvernement depuis des décennies : les socialistes mitterrandiens et les républicains chiraquiens, ceux-là mêmes qui nous ont envoyé dans le mur – on se souviendra d’ailleurs que Jacques Chirac fut Premier ministre sous François Mitterrand et que leur mariage de circonstance fut plutôt harmonieux. Et tout cela « protège » notre constitution de toute réforme qui permettrait de repartir dans une autre direction. Comme un épandage de glyphosate qui, parait-il est un antibiotique, et qui stériliserait le Système en l’empêchant de muter. Mais si l’image vous gêne, parlons de la momification d’un corps politique garantissant sa stabilité biologique. D’autre, par d’autres images, nous expliqueront que, coincés dans de profondes ornières, notre véhicule institutionnel est prudemment à l’arrêt.

Et je conclus cette courte chronique sur un remaniement qui ne mérite pas plus d’attention, en ironisant sur les vœux que certains ont exprimé : « que ce nouveau gouvernement réussisse ». Mais réussisse à quoi ? Qui connait la feuille de route de M. Attal ? Qu’il réussisse à contenir les revendications des classes populaires en muselant le peuple ? Réussisse à empêcher aux prochaines élections européennes une déroute de Renaissance et un triomphe du Rassemblement National ? Réussisse à terminer le transfert de la souveraineté populaire vers la bureaucratie bruxelloise ? Réussisse à rendre les plus riches encore plus riches, quitte à rendre les plus pauvres encore plus pauvres ? Réussisse à éradiquer dans l’esprit des gens tout désir de liberté ? Qui peut le dire et qui peut comprendre un président capable d’autant de contradictions apparentes : nommer Gabriel Attal à l’éducation après Pap Ndiaye, ou Rachida Dati à la culture après Rima Abdul Malak – j’ai seulement retenu de cette dernière qu’elle avait été Directrice des programmes de Clowns sans frontières ; ça ne s’invente pas. Mais, dans le même temps, il conserve les mêmes ministres en charge du régalien (Finances, Police, Justice, Armées…). À croire que pour les ministères qu’il juge sérieux, il ne fait pas n’importe quoi, mais que, pour le reste, il s’en moque un peu et peut se permettre de faire de la com, de jouer, comme un gamin avec un hochet, de nommer même des ministres complaisants avec le wokisme pour donner quelques gages. Ce qui montre assez le mépris qu’il a pour ces ministères, mais aussi pour nos institutions qui sont appelées à disparaitre, dissoutes par les institutions eurépéennes.