Modernité et conformiste, l’équation macronienne

Oui, ces élections terminées, il va devenir à nouveau possible de parler politique – je veux dire de philosophie politique ; comme, une fois la pub terminée, on revient au programme. César gouverne et va donc entreprendre toutes les réformes qui permettront au système de perdurer, en l’état – et en l’État. Comme dit Tancrède au vieux prince Salina dans « Le Guépard »[1] : « il faut que tout change afin que rien ne change ».  Aujourd’hui, on le dirait avec d’autres mots, d’autres images : il faut réinitialiser le système d’exploitation de l’homme par l’homme, réinitialiser ce système qui bugge trop souvent… Beaucoup de choses vont donc devoir changer, et nous allons bien vite nous habituer à d’autres visages, d’autres noms, d’autres concepts pour dire de vieilles choses et justifier une vieille politique. J’entends ici et là qu’il faut s’en réjouir et choisir son camp, celui du progrès ou des conservatismes, c’est-à-dire choisir la … Lire la suite…

Trop longue absence

Je reviens à mon blog après une trop longue absence que je pourrais justifier par des soucis techniques qui tiennent autant à l’outil – un changement de nom, donc d’adresse, laborieux – et à l’homme qui se cache, mais si peu, derrière cette étiquette de mescréant qu’il va falloir abandonner pour ne pas entretenir plus longtemps une forme de malentendu. Et puis la mise en retrait, cette fausse vacance m’a permis aussi d’écrire sur d’autres sujets et en d’autres formes ; et de ressasser gentiment mes obsessions idéelles. Enfin, il était sans doute trop tentant, dans cette période spectaculaire, de parler politique. D’ailleurs, relire dans un an les commentaires journalistiques de ce printemps sera édifiant, et on se demandera comment on a bien pu se laisser ainsi embarquer dans ce délire médiatique.   Mais, en attendant de m’étonner ici, plus longuement, de cette hystérie collective qui a porté au pouvoir un … Lire la suite…

Je ne voulais pas en parler

En politique, le principe ne fait pas la loi mais l’inspire ; et beaucoup de lois nécessaires et subjectivement « justes » contredisent partiellement les principes constitutionnels, sans d’ailleurs les ruiner. La loi s’inspire donc du principe, lui donne corps, le tempère, le met en balance avec d’autres principes plus ou moins contradictoires dans les faits. Et puis, il y a les valeurs et l’idée qu’on s’en fait, et la morale… Le droit est donc une science molle, « humaine trop humaine », une Science Humaine et Sociale, ou politique si l’on préfère. Elle est donc interprétative et hautement subjective. Quant à la morale… Les affaires d’Aulnay-Sous-Bois, et Fillon en sont des exemples à méditer : Viol ou pas viol de Théo ? Primat de la loi ou de la morale chez un leader politique ? Il y aurait beaucoup à dire, et principalement sur le traitement médiatique de ces affaires. On ne connait de Théo que son … Lire la suite…

En l’an 128 de l’ère nietzschéenne

Comment comprendre ce « Dieu est mort » ? Simplement, à la lettre ! Nietzsche nous dit que l’idée de Dieu est fatale, et que nous devons vivre comme si Dieu n’existait pas. C’est le message, à la fois simple et radical, de « l’antéchrist ». Ce n’est pas une déclaration d’athéisme, mais une mise en garde contre le christianisme, et un retour à une leçon essentielle de la philosophie antique : L’homme doit se suffire à lui-même. Il doit cesser de se poser la question du Divin, de ce que Dieu est, de ce qu’il pense et de ce qu’il veut. Il doit faire retour à la réalité de ce qu’il est, lui, homme, à son corps et, pour le dire avec une formule spinoziste, au conatus de ce corps. Et c’est bien ce message que les prêtres ne veulent entendre et ne peuvent accepter, cette invite à vivre une éthique au-delà du bien et du … Lire la suite…

Uber, moteur ou produit de l’atomisation des sociétés occidentales

 À l’heure où la revendication des chauffeurs de VTC conduit chacun à reparler d’ubérisation de l’économie et plus largement de la société, peut-on faire un parallèle entre cette ubérisation et le populisme et analyser sommairement, mais sur deux registres apparemment différents, une mutation sociétale fondamentale qui a déjà donné lieu à de nombreux articles et à quelques livres ? Car les plus lents d’entre nous – et j’en fais partie – commencent à mieux comprendre la nature de cette « révolution », qui ne peut se réduire à l’informatisation des activités, ou à l’utilisation de plateformes numériques pour faire du business en créant un nouveau modèle économique. Evidemment, Internet change tout, mais le Net n’est qu’un moyen au service d’une mutation culturelle qui, selon qu’on en décrive les dimensions économique, politique, culturelle, sociale, est qualifiée d’ubérisation, de populisme, d’économie de la connaissance. Car il faut bien voir que l’émergence de l’économie collaborative ou … Lire la suite…

Pensée matutinale

On ne peut se battre contre le sort, mais faut-il, comme Nietzsche nous y invite, l’aimer ? et l’aimer dans toutes ses frasques ? Amor fati ! Je n’en suis pas sûr. Tout au plus, en apprécier justement l’ironie… Avec distance et ironie, justement. Dieu danse et fait danser le monde, mais Zarathoustra ne dit-il pas la même chose ? : « Je ne croirai qu’en un dieu qui s’entendrait à danser. Et lorsque je vis mon diable, je le trouvai grave, minutieux, profond, solennel ; c’était l’esprit de pesanteur – et par lui toutes choses tombent ». Pirouette et bouffonnerie : En guise de métaphysique, restons-en là ; et n’en faisons pas toute une histoire, une religion… Lire la suite…

Victoire de Trump

Et de deux ! Après un Brexit sidérant, l’Amérique a élu Trump. Comment ne pas frémir en pensant à la prochaine présidentielle Française ? Les médias unanimes avaient annoncé la victoire des partisans du maintien britannique dans l’Union européenne, puis la victoire démocrate ; et ont activement milité pour transformer leurs pronostics en réalité[1]. De même pour l’échec annoncé de Marine Le Pen au second tour de l’élection de 2017 ; échec qui semble acquis à tous les journalistes qui ne manquent pas une occasion de mobiliser contre le FN. Une forme de populisme gagne du terrain, mais le dénoncer est un peu court quand on serait mieux inspiré à remettre en question un système failli qui produit une situation qui n’est pas sans rappeler les années qui ont précédé l’avènement en Europe de leaders fascistes, puis la Première Guerre mondiale. Nous payons le prix de la disparition de la classe moyenne, et d’un … Lire la suite…

Primaires à droite suite

Nous vivons à une époque individualiste où la compétition est survalorisée, la consommation la seule règle, et l’argent l’unique valeur. Pourquoi alors s’étonner que les hommes et les femmes politiques, qui sont des consommateurs comme les autres, ne s’intéressent pas aux classes populaires ; ou du moins ne s’y intéressent que de manière très incidente ? Comprenons que ce qui les motive, c’est très naturellement leur devenir personnel : briguer un poste ou tenter de le conserver à tout prix, cumuler des fonctions, donc des indemnités, se vautrer dans les ors de la République, servir ses enfants et amis, placer ses proches, soigner son égo… Je ne prétends pas que ces hommes et ces femmes n’aient aucune qualité ou aucune ambition pour leur pays, mais ces ambitions sont toujours subordonnées aux leurs propres : d’abord des ambitions personnelles, en second lieu des collectives, et seulement pour autant que les secondes servent les premières. En … Lire la suite…

Primaires de la droite

C’est parti !, et pendant près de dix mois, si l’on prend aussi en compte la période de mise en place d’un nouveau gouvernement, les Français vont devoir vivre au rythme des élections présidentielles, mais aussi législatives – les secondes, occultées d’ailleurs par les premières. Oui !, nous allons devoir nous fader ad nauseam tous ces bavardages, toutes ces « bonimensonges ». Pourtant, les jeux sont faits et chacun sait déjà de quoi ce pseudo évènement va accoucher : un duel de premier tour entre le Front national et l’UMPS[1], c’est-à-dire entre l’extrême droite et la droite mole, puis une défaite de Marine qui néanmoins fera mieux que son père en 2002 et s’en gaussera. Il n’y a aucun suspens, et personne, ni Macron ni un autre, ne changera rien au scénario écrit par les médias. Et puis, les choses continueront comme avant, sans changement de cap : bonnet blanc et blanc bonnet. Mais les médias, … Lire la suite…

Le candidat qui pose et le président qui fait

Hier, il fallait entendre le candidat Hollande défendre avec brio et la démocratie et la république pour mesurer tout l’artifice des élections dans un système présidentiel hyper médiatisé. Et cet écart infranchissable entre le candidat qui parle et le président qui fait apparait avec une clarté aveuglante quand les candidats que les médias ont choisis ont tous deux exercé les fonctions de chef d’État, donc de gouvernement, et se sont donc découverts dans l’exercice du pouvoir. L’injonction républicaine va donc nous conduire à retenir, au terme d’un processus qui n’est qu’un jeu de dupes, puis à subir un chef qui ne sera qu’un chef de clan ; et cela après avoir entendu des candidats dont les propos n’engagent ni n’obligent le président futur : le candidat aura dit ce qu’il doit, enfin ce qu’il pense que ceux de son camp, d’abord, puis les électeurs, veulent entendre, il aura pris la pose ; le … Lire la suite…