A quoi sert l’UNESCO ?

L’UNESCO, un machin couteux dépendant de l’ONU, s’est récemment penchée sur la question de l’Intelligence Artificielle. Et en novembre dernier (le 22), ses experts ont pondu un : « Projet de recommandation sur l’Éthique de l’Intelligence artificielle ». Je l’ai lu, laborieusement. C’est un texte bureaucratique, rédigé par de nombreux experts, et qui a tous les défauts de ce type de production : il est sans densité ni consistance, trop long eu égard à son contenu, et sa cohérence est douteuse. Car surtout, faute de poser ses bases, et préférant lister un nombre considérable d’attendus sans intérêts, mais obligatoires, il passe à côté de son sujet et dit, assez mal, en une vingtaine de pages ce qui aurait pu l’être en quatre. On imagine bien ce que sa rédaction a dû coûter, un coût sans cohérence avec sa valeur opératoire. On est bien là dans un pur bureaucratisme stérile. Il aurait dû, pour éviter … Lire la suite…

L’irrésistible complexification du monde

Comme le début d’une nouvelle année est traditionnellement l’occasion de prendre quelques résolutions avec la naïveté de croire qu’elles tiendront plus que quelques jours, je m’étais promis de ne plus parler politique et de me consacrer à des sujets plus sérieux et surtout moins déprimants. J’aurai donc tenu une semaine ; ce n’est pas si mal ! J’ai lu la prose d’un haut fonctionnaire qui, sans le dire aussi carrément, défend l’idée que le monde est devenu si compliqué et si interconnecté qu’il ne peut plus être géré que par des experts intervenant au niveau international. Mais quid de la démocratie ? Et je retrouve dans cette pétition de principe tout l’argumentaire du Forum Économique Mondial créé par Klaus Schwab. À tel point que je regrette de ne plus pouvoir y répondre dans mon dernier essai (l’Hydre de Lerne) – terminé, mais pas encore publié. Je conçois et admets volontiers cette … Lire la suite…

Une réponse à Daniel Lenoir, président de Démocratie et liberté

Cher Daniel Lenoir. Je ne sais pourquoi je reçois une invitation « sign up » à signer votre appel à un sursaut « spirituel et démocratique ». Mais ces deux mots ont fait tilt à l’oreille de l’esprit libre, non encarté et non partisan que je prétends être. Très intéressé, séduit par l’invite, mais un peu surpris par la longueur du texte, j’ai lu, prêt à signer. Car nous sommes évidemment d’accord sur le constat de l’impasse démocratique et spirituelle dans laquelle nous sommes, en France et plus largement dans un occident gagné par le nihilisme et l’abandon de nos valeurs. Nous souffrons bien de manquer de vie démocratie et de vie spirituelle. Et puis, comment ne pas souscrire à cette invitation de « voir les choses autrement » ? Krishnamurti, dont la spiritualité a beaucoup rayonné, disait qu’il fallait « se libérer du connu ». Et à s’investir de manière différente dans la res publica. Et, je vous … Lire la suite…

Bonnes fêtes à tous

C’est vrai, je néglige trop ce blog, mais c’est bien que l’écriture me prend beaucoup de temps et autant d’énergie. À tel point que je ne vous ai pas souhaité un joyeux Noël, j’espère qu’il l’a été, un bon réveillon de la Saint-Sylvestre – il est encore temps d’emmerder les esprits woke qui nous interdisent les références religieuses – et une bonne année 2022, espérons que la séquence COVID dure moins que le dernier conflit mondial. Je ne sais si, transmettant leurs voeux en décembre 41, les gens se souhaitaient la fin de la guerre pour 42. J’ai enfin achevé ce nouvel ouvrage, un essai politique indéfinissable, qui portera le titre de l’Hydre de Lerne, ayant renoncé au premier titre de « Manuel de civilité puérile ». Oui, la référence à Érasme est claire, et je le dis avec d’autant moins de forfanterie, que la lecture de son Manuel de civilité puérile … Lire la suite…

Flatus vocis

C’est vrai, je néglige ce blog et ceux qui y passent, souvent rapidement ; la vie est ainsi faite. Mais on aurait tort de me croire las de crier dans le désert, de donner des points de vue à tout propos, de réfléchir encore et toujours à « la nature des choses et à la difficulté d’être » dans ce monde que le progrès réduit et détruit progressivement. Et la politique m’interpelle toujours. C’est pourquoi je me suis mis à composer un nouveau livre ; depuis le printemps. Il est aujourd’hui terminé dans sa première version. Il me reste à le travailler, laborieusement, en faire une nouvelle version, corrigée – j’avance bien et ce devrait être terminé avant la Noël –, puis ce livre « abouti et corrigé » sera à nouveau passé à la machine – nouvelle lecture attentive et nouvelles corrections –, puis, à peine imprimé, l’encre à peine séchée sur son papier blanc, … Lire la suite…

Le transhumanisme prend le métro.

Si les civilisations vont continuer à s’entrechoquer comme des plaques tectoniques venant au contact l’une de l’autre, je ne pense pas qu’une guerre de civilisation aura lieu : L’Islam est trop divisé et n’a pas les moyens de s’attaquer à l’Occident autrement qu’en essayant de le subvertir démographiquement, et les États-Unis et la Chine ont trop à perdre dans un conflit qui détruirait la planète et ne ferait aucun vainqueur. Et puis ces deux grandes puissances sont engagées dans une même voie, le transhumanisme, qui va les faire converger. Je pense donc comme Michel Onfray et contre Éric Zemmour dont j’apprécie le combat, que si guerre de civilisation il y a, elle se fera entre des États constitués collaborant dans un vaste Système intégré, et des dissidents, résistants à une forme de modernité. Nous assistons donc à la fin des civilisations humaines et à l’émergence d’un transhumanisme, de fait, non humain, … Lire la suite…

Désespérer de l’écologie politique

Suis-je d’un naturel pessimiste ? Si je devais répondre, ce serait par une pirouette : non, je reste optimiste pour ce qu’il en est du long terme, mais, pour le court terme, je suis effectivement très pessimiste. Et de remarquer qu’à long terme, nous serons tous morts. Comment être aujourd’hui tout à la fois lucide et optimiste, quand on prend pleine conscience de notre finitude individuelle et de la façon dont notre société nous empêche de vivre. Nous sommes des empêchés prisonniers d’un présent dont le seul horizon est de devoir bientôt mourir. Reste la foi. La question serait donc celle-ci : comment être optimiste quand on n’a pas la foi, qu’on ne croit ni au miracle, ni à Père Noël, ni aux lendemains qui chantent ? Comment réenchanter le monde, après un vingtième siècle qui fut celui des grands massacres totalitaires (Hitler, Staline, Pol Pot, Castro, Pinochet, et tant … Lire la suite…

Faut-il avoir honte d’avoir des couilles ?

J’entends avec consternation une militante écolowoke parler de « déconstruire l’homme ». Je dis « écolowoke » car, se disant « écoloféministe », elle s’autorise l’invention sémantique de concepts nouveaux et contestables. Alors, allons-y, pourquoi s’en priver ? On ne peut déconstruire l’homme comme concept, sans déconstruire les hommes, car l’un procède de l’autre : c’est bien la distinction des sexes qui est à l’origine du genre, et l’homme de chair et de couilles qui est à l’origine du concept d’homme. Et que veut dire alors « déconstruire l’homme » ? Quand déconstruire l’homme, c’est déconstruire les hommes, tous les hommes. On sait que l’enfant précède l’homme, ou que d’une certaine façon, « L’enfant est le père de l’homme ». J’emprunte cette formule au poète Wordsworth « The child is father of the man ». Déconstruire l’homme, ce qui n’est pas le réformer ou le reformater, c’est donc tuer l’enfant … Lire la suite…

L’insoluble question du libre arbitre

Cioran, avec le l’humour qui caractérise sa prose moraliste, écrit dans « Ébauches de vertige » que « s’il y avait une solution au libre arbitre, la philosophie n’aurait aucune raison d’exister ». Cette question controversée traverse en effet et la philosophie et la théologie comme une trainée de poudre. On se souvient de la violence des échanges entre les théologiens Érasme de Rotterdam (du libre arbitre) et Martin Luther (du serf arbitre). Ce dernier, retrouvant la pensée d’Augustin, nous livre une doctrine, en quelque sorte duale. Tout d’abord, il considère que l’homme n’est pas libre, car prédisposé au mal ; un penchant-péché, originel-congénital. Et, seconde dimension, cette prédisposition ne peut être surmontée-effacée que par la foi, donc par une grâce dont l’homme ne dispose pas. L’homme, marqué dans sa chair par le mal propre à son espèce depuis les temps adamiques, ne peut donc se sauver par ses œuvres : seule la foi sauve. L’homme … Lire la suite…

Il n’y a de progrès que moral

Sans doute me faut-il m’expliquer sur cet aphorisme : « Il n’y a de progrès que moral ». Je crois que « l’homme est un projet » (autre aphorisme). C’est aussi le sens de cette ancienne formule, « Deviens qui tu es quand tu l’auras appris », une exhortation que l’on doit à Pindare, un poète lyrique du Ve siècle avant le Christ (dans cette ode, il interpelle ainsi Hiéron, tyran de Syracuse). Devoir « devenir ce que l’on est », une intuition que les philosophes comme les religions ont reprise à leur compte, et qui, pour un esprit aussi peu religieux que le mien, peut constituer toute une Mystique. Il me semble que cette invite s’adresse à l’homme en tant qu’homme, de fait, à l’humanité en tant que telle. L’homme est, ce que la tradition aristotélicienne nomme une entéléchie, non pas un être parfait, mais un être ayant en soi sa … Lire la suite…