LGBT, sujet léger, sujet estival

La question de la sexualité ne devrait pas faire débat, sauf à ce que nos contemporains, non contents de passer leur temps à se regarder le nombril, en soient arrivés, à force de rabaisser leurs centres d’intérêt et de toujours plus courber la tête, à ne regarder que plus bas, au niveau de leur entrecuisse. Car, ce ne devrait pas être un « problème » social dans une société de liberté et de respect des individus et de leur intimité. Chacun peut être hétérosexuel, homo, ou comme Jules César, un homme pour toutes les femmes et une femme pour tous les hommes. On peut aussi préférer son chien, sa chienne, son poisson rouge, débattre des qualités de la carotte et du concombre, être sensible au prosélytisme du missionnaire ou préférer l’exotisme tantrique. On peut être fidèle ou adepte de la diversité, être prude ou montrer son intimité sur le net ou à … Lire la suite…

Confessio philosophi

Oui, le titre est un peu pédant, mais si je pensais d’abord à Nietzche qui voyait toute philosophie comme confession d’un corps – et souvent d’un corps qui souffre –, le clin d’œil à Leibniz, la mise en mots de mon pessimisme consubstantiel et désespérant, en réponse à l’optimisme de l’auteur d’une théodicée qui m’a presque convaincu, m’a convaincu de titrer ainsi cette confession. Je viens de publier deux livres – un essai politique « Étiologie d’une décadence » et une « biographie historique de Jean Mousnier de la Montagne »–, et je pensais faire une pause ; car à quoi tout cela sert-il ? Mais, malgré ce baby blues, ou à cause de lui, je vais en entreprendre ou en reprendre deux nouveaux, un « Manuel de citoyenneté puérile » et un roman. Il me faut en effet ancrer mon âme dans une forme de réalité, faute de quoi, je ne le sais que trop … Lire la suite…

Pourquoi j’écris

Dans un texte de 1946 qu’il intitule « Pourquoi j’écris », Orwell tente de répondre à cette question en convoquant quatre raisons : l’égoïsme, c’est-à-dire la recherche d’une forme de reconnaissance, l’enthousiasme esthétique, on pourrait dire ici « l’art pour l’art », l’inspiration historienne, puis la visée politique. Et si cette présentation me trouble tant, c’est que je m’y retrouve beaucoup. Et, plus fascinant encore, il conclut ce court texte sur deux points de lucidité que je prends aussi pour moi : « Tous les écrivains sont imbus d’eux-mêmes, égoïstes et paresseux, et au plus profond de leurs motivations se cache un mystère ». Oui, pour ce qui me concerne, j’avoue volontiers être ainsi. Et il rajoute : « Lorsque je considère mon travail, je constate que c’est toujours là où je n’avais pas de visée politique que j’ai écrit des livres sans vie, que je me suis laissé prendre … Lire la suite…

La blague des valeurs

L’usage perfide et immodéré de la com et la réification du monde sont les deux causes principales de notre décadence. On parlait hier de réclame et de propagande, aujourd’hui de com ou de discours politiquement correct. Mais c’est un peu la même chose, une nouvelle forme de l’enfumage politico-médiatique, de nivellement par le bas et d’adaptation des masses au monde orwellien. C’est d’ailleurs l’objet de mon dernier livre – qu’on me laisse me faire un peu de pub : « Etiologie d’une décadence » Etiologie d’une décadence; l’acheter, c’est me soutenir. Mais là, je voulais faire écho au document bancaire que je reçois et qui évoque les valeurs de ma banque : « l’humain, la confiance et la responsabilité ». Du grand n’importe quoi, comme disent les jeunes… L’humain ? On s’étonne. Ce n’est déjà pas une valeur en tant que telle, et qui peut croire qu’une banque s’y intéresse quand l’essentiel de ses forces est tendu vers … Lire la suite…

La dance du balancier

Camus écrivait (Carnets III, 1951-1959) que « la démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité ». Était-il « woke » avant l’heure (éveillé – wake si l’on s’en tient à l’origine anglo-saxonne du terme) ? J’entends que l’on commence à s’interroger sur ce mouvement Woke qui nous vient des milieux d’avant-garde politique états-uniens et qui précède, mais accompagne et prolonge aussi le mouvement Black Lives Matter. Essayant de m’informer sur ce qu’il est convenu d’appeler l’idéologie « woke », j’ai un peu de mal à en appréhender les limites. Car si le « mouvement » consiste à défendre les minorités opprimées, en premiers lieux les noirs en proie au racisme, les femmes inférieurement traitées et les minorités sexuelles, il me semble aussi voir émerger une « idéologie » qui viserait à défendre, mais plus encore à sacraliser et promouvoir les minorités, du seul fait de leur nature minoritaire ; et il me … Lire la suite…

Dieu et lui

Réponse à un philosophe qui, pour avoir rencontré Dieu, a souhaité faire un livre pour en parler ; et qui n‘a pas sollicité cette réponse qu’il ne lira d’ailleurs pas. Je veux bien croire que cette rencontre a dû bouleverser sa vie, mais nullement d’une autre. Et sa vie n’est rien, ni à l’échelle d’un temps cosmique, ni à celle de l’humanité. Que pèse un homme face à l’humanité ? Rien. Je concède que cette rencontre est le tout de sa vie, l’alpha de sa renaissance au monde et l’oméga de sa vie d’avant, vie d’ignorance et de doutes. Mais ce tout est un rien, rien pour ses frères et sœurs en humanité, un non évènement qui ne changera la vie de personne et ne fera dévier l’horrible trajectoire de l’histoire humaine d’aucune fraction de degré. Et le raconter n’apporte rien de plus, car si raconter peut être utile ou salutaire à … Lire la suite…

Un livre programmatique de Juan Branco

Je lis beaucoup, probablement trop, ou trop vite. Et si la fiction ou la poésie me servent de récréation, mon goût me ramène toujours à l’histoire et aux essais, notamment philosophiques, et la politique y tient sa juste place. Se forger un point de vue, dévoiler certaines illusions, démasquer les faux semblants et les a priori, ne sont-ce pas les premiers enjeux de la philosophie ? défendre des idées, non des candidatures, l’essence de la politique ? J’ai pu ici chroniquer quelques ouvrages, rarement. Je veux défendre le denier livre de Juan Branco, « Abattre l’ennemi », un livre formellement surprenant, mais aussi par le ton, sans doute du fait de la personnalité de son auteur, controversée : jeune homme brillant, si on le croit, promis à un avenir macronien, mais en rupture de ban. Je ne connaissais pas ce jeune avocat franco-espagnol de 32 ans, issu d’une famille d’intellectuels – famille bourgeoise intégrée des deux … Lire la suite…

Chronique de la sottise ordinaire

La philosophie est une optique, et comme c’est aussi une pratique, une éthique, c’est déjà une attention : attention portée aux gens et aux choses du quotidien et notamment les petites choses qui sont les innombrables grains de sable de la vie ; une vie comme une plage ou un désert. J’avais envie de vous parler du grand cerisier à fleurs qui, une fois par an, en cet avril prometteur qui nous ferait accroire à un bonheur possible, transforme la perspective de mon jardin, depuis les fenêtres de mon bureau, en estampe japonaise. Et si je ne connaissais pas le chat assis sous l’arbre dont le vent disperse les larmes roses, je pourrais vous dire qu’il médite dans l’immobilité du zazen. Ce qu’il fait probablement, en attendant gentiment qu’un oisillon tombe du nid, pour lui arracher la tête d’un coup de dent. Mais non ! je vous parlerai d’autre chose, de dignité, quand … Lire la suite…

La solitude qui menace les derniers hommes libres

Je lis dans une récente encyclique « épiscopapale » Fratelli Tutti (tous frères), un nouvel appel à « tourner le dos à l’individualisme moderne ». Mais rien de neuf sous la mitre, le christianisme a toujours condamné l’individualisme occidental. Ayant précédemment et longuement critiqué une précédente encyclique (laudato si’), c’était en 2016, je suis à nouveau interpellé par les propos papaux, cette « brillante rhétorique des entrepreneurs de mensonges ». Mais pourquoi faudrait-il que moi qui ne suis ni croyant ni chrétien, j’attende quelque chose du représentant d’une église qui fut criminelle et ne se repentit jamais ? Mais je souhaite au moins rassurer mon frère François sur ce point : mis à part quelques résistants à l’air irrespirable des temps, et quelques artistes, si l’homme moderne est égoïste et se moque du sort de son prochain, il n’est nullement individualiste. La grande masse humaine a effectivement de longue date, en fait depuis l’avènement du monde … Lire la suite…

Lettre au Président de la République française

Monsieur le Président,   Je vous écris une lettre, que vous lirez peut-être, mais sur un autre sujet… La presse s’est fait l’écho du projet de construction d’une Très Grande Mosquée dite Eyyub Sultan à Strasbourg et du soutien de la majorité du conseil municipal qui semble prête à participer à son financement. Et, citoyen ordinaire et inquiet de la France profonde, j’aimerais savoir si vous comptez vous saisir vraiment de ce dossier.   Je n’imagine pas que vous me répondiez que ce dossier est local, que vous n’avez pas les moyens d’intervenir, que les choses se font sans violer notre droit. Non, vous ne me répondrez pas cela, car ce dossier si sensible touche à nos valeurs, et vous avez plusieurs fois fait état de votre sensibilité aux valeurs de notre république dont vous êtes aujourd’hui le premier des magistrats et une autorité morale. Et puis, ce dossier qui … Lire la suite…