Un simple constat

Il y a les vrais problèmes et les autres qui méritent moins qu’on abatte des arbres pour produire du papier, et fasse couler de l’encre pour écrire des essais censés en faire un semblant d’analyse et alerter les gens sur ce qui se passe. Le vrai problème crée un dégât irréversible, voire vital : par exemple l’extinction d’une espèce vivante, le réchauffement climatique ou la fin de l’humain tel que nous l’avons connu et que la philosophie antique l’a décrit (un animal politique). Le faux problème est moins inquiétant et peu parfois attendre. Et puis les médias sont là pour en faire leurs colonnes et les traiter en boucle – le choc des images et l’indigence des mots… Mais s’il faut s’intéresser aux vrais problèmes, c’est bien parce qu’ils créent des dommages insurmontables et irréversibles, du moins à partir d’un certain point d’irréversibilité qui a justifié l’invention des concepts de principes … Lire la suite…

Etiologie d’une décadence

Si la question migratoire qui focalise tant l’extrême droite pourrait se regarder tout autrement dans un tout autre contexte, elle devient aujourd’hui non pas critique, mais létale. Car l’Occident est effectivement confronté à des attaques extrêmement violentes dans un contexte de décadence – je renvoie à mon essai « Etiologie d’une décadence. Et il est sidérant de comparer notre situation à celle de l‘Empire romain des premiers siècles de notre ère : une civilisation décadence, incapable, faute de volonté, de se défendre, par ailleurs confrontée à des hordes de barbares (barbares, au sens antique du terme, c’est-à-dire extérieur à la civilisation romaine) qui pénètrent l’Empire et le pillent après avoir fracturé son « limes » ; et dans le même temps détruite de l’intérieur par une secte religieuse qui l’infecte et finira par avoir le dessus – pour reprendre la formule du Lucien Jerphagnon, « l’agneau aura mangé la louve »[1]. … Lire la suite…

Pas besoin de conseils…

La seule aide que l’on puisse offrir à quelqu’un consiste à donner des espaces de liberté. J’entends, évidemment, ce terme de liberté au sens générique du terme, c’est-à-dire en opposition à celui d’aliénation. L’aide est donc un don qui libère celui qui reçoit, ou n’est rien, sans valeur. Et considéré ainsi, un conseil n’est pas une aide, car ce n’est pas un don : ça ne coute rien à celui qui le donne, et ça peut rapporter de gros ennuis à celui qui l’écoute. Et puis, c’est toujours une façon d’assujettir l’autre à son jugement, toujours moral, donc à l’aliéner. Oui ! je l’ai déjà dit… Lire la suite…

Un peu de pub

Ce n’est évidemment pas dans mes habitudes, mais chacun comprendra que l’on puisse aussi écrire pour être lu. Il faut donc toucher un certain « public », donc diffuser ses livres. D’ailleurs, je ne sais pas si à terme je n’abandonnerai pas les chroniques pour me consacrer aux livres. J’en ai un qui cherche vainement un éditeur, et un autre, un roman, qui sera terminé à l’automne. Et puis encore un essai de philosophie politique débuté il y a quelques semaines et qui sera sans doute le dernier – à publier l’année prochaine. Et puis, en fin d’année 2023 un autre recueil de chroniques et un nouveau roman auquel je pense déjà. Ces livres ont été, sont et seront publiés par des éditeurs « classiques », et certains en autoédition et il faudra bien que je les vende. Il s’agit notamment de : « Un singe en automne » et de « Jean Mousnier de la Montagne ». Ces … Lire la suite…

En appeler au miracle

Le miracle est un concept métaphysique, mais nullement théologique, car si la métaphysique est une physique, la théologie n’est qu’une idéologie. Ce concept n’est donc pas religieux et échappe donc à la question de la foi. Croire ou ne pas croire au miracle ne tient pas de la foi. Et je ne poserai pas la question en ces termes. Car le miracle, c’est un peu comme le boson de Higgs. On peut considérer le concept comme nécessaire à une métaphysique donnée, encore faut-il pouvoir le dénicher, l’observer et pouvoir ainsi apporter quelque crédit à cette théorie métaphysique. Quelles sont donc les caractéristiques communes de ce boson – je parle du miracle – dont l’existence pourrait paraître impossible tant qu’on ne l’a pas mis en évidence. J’ose une définition, en retenant trois de ses caractéristiques : sa logique, sa probabilité, sa sémiologie. En premier lieu, il ne contredit pas la logique : on … Lire la suite…

A vôté !

C’est fait, les Français ont voté ; ou plutôt, non ! majoritairement, ils s’en sont abstenus. Et s’ils n’ont pas voté à 53,77 %, ils ont refusé au Chef de l’état la majorité. Et dans ce cadre singulier de la Cinquième république, la REM ayant été désavouée, le Président n’a pas de légitimité gouvernementale et la grande majorité des députés – qui ont obtenu la majorité d’une minorité de votants –, non plus… Mais on ne manquera pas de continuer à déclarer à l’occasion que la France fait partie des « grandes démocraties », de ces grands pays occidentaux qui prétendent façonner le monde à leur image et dont l’un est dirigé par un vieillard sénile, l’autre par un jeune homme puéril. L’humanité a su concevoir deux types de démocratie, correspondant à des civilisations aux valeurs opposées : la démocratie directe pour un monde guerrier, viril, dont les premières vertus étaient … Lire la suite…

Deux actualités

Je m’étais promis de ne plus parler de politique, ou d’en parler moins, de m’en extraire ; aussi, parallèlement à l’écriture d’un roman qui progresse trop lentement – une façon de m’échapper de l’actualité en faisant un retour à 1984, l’année –, je préparais un court texte sur le « Socrate de Platon », comme on pourrait dire le « Jésus de Paul de Tarse », celui du chemin de Damas. Mais l’agacement étant trop grand, je veux évoquer deux actualités, sans rapport ; encore que… L’affaire Abad et la tuerie de ce jour, au Texas, et porter sur ces actualités un regard proprement « philosophique ». Socrate attendra. Oui, la philosophie est d’abord un regard, une « optique », et je rajouterai, quitte à paraphraser un peu Levinas, « une optique spirituelle » – il écrit en effet dans « Totalité et infini » que « L’éthique, déjà par elle-même, est une « optique » ; et … Lire la suite…

1er mai

La fête du travail

C’était dimanche. On peut s’étonner de cette idée de fêter le travail, donc les travailleurs. Et comme toutes les fêtes nationales, voire en l’occurrence, internationale, cette fête a plusieurs sens, même si son sens premier est de rendre hommage aux militants ouvriers : La Journée internationale des travailleurs (IWD, International Workers’ Day) fut une journée internationale de grève instaurée par la Seconde Internationale en mémoire du massacre de Haymarket Square à Chicago en 1886. Cette fête m’inspire cette réflexion : il y a toujours eu une aristocratie d’en haut et une autre d’en bas, et entre les deux, une populace et une bourgeoisie. Mais il semble bien que notre modernité ait tué l’aristocratie, celle du haut comme celle du bas. Et cette autre réflexion : le goût de la liberté, après l’honneur, caractérise l’aristocratie. Comme je l’ai déjà rappelé, notamment dans mon premier essai sur la Démocratie, c’est la loi qui crée la … Lire la suite…

Blasphème

Hier après-midi, le beau temps m’a tiré de mon quotidien et je suis allé visiter une chapelle à Tréhorenteuc (l’église Sainte-Onenne, dite du Graal), près de Paimpont en Brocéliande. La campagne était belle, toute dorée d’ajoncs et de genêts, radieuse en cet avril chaud et odorant ; la petite chapelle fraiche, sereine, attirante comme un tombeau paradoxal où la vie semblerait gésir endormie sous ses dalles de pierre. Malheureusement, il y avait des touristes, et même un bus du Calvados. Les observant, eux et d’autres, je n’ai pu m’empêcher de penser à une remarque d’Orwell – c’est dans le quai de Wigan – et les mots qui suivent sont écrits dans les années trente par un socialiste « populaire » qui se plaint d’un certain socialisme bourgeois ; oui, d’une certaine forme de « bourgeoisie populaire » qui a ruiné le socialisme et m’agace aussi un peu. Il évoque avec autant … Lire la suite…