Le transhumanisme prend le métro.

Si les civilisations vont continuer à s’entrechoquer comme des plaques tectoniques venant au contact l’une de l’autre, je ne pense pas qu’une guerre de civilisation aura lieu : L’Islam est trop divisé et n’a pas les moyens de s’attaquer à l’Occident autrement qu’en essayant de le subvertir démographiquement, et les États-Unis et la Chine ont trop à perdre dans un conflit qui détruirait la planète et ne ferait aucun vainqueur. Et puis ces deux grandes puissances sont engagées dans une même voie, le transhumanisme, qui va les faire converger. Je pense donc comme Michel Onfray et contre Éric Zemmour dont j’apprécie le combat, que si guerre de civilisation il y a, elle se fera entre des États constitués collaborant dans un vaste Système intégré, et des dissidents, résistants à une forme de modernité. Nous assistons donc à la fin des civilisations humaines et à l’émergence d’un transhumanisme, de fait, non humain, … Lire la suite…

Désespérer de l’écologie politique

Suis-je d’un naturel pessimiste ? Si je devais répondre, ce serait par une pirouette : non, je reste optimiste pour ce qu’il en est du long terme, mais, pour le court terme, je suis effectivement très pessimiste. Et de remarquer qu’à long terme, nous serons tous morts. Comment être aujourd’hui tout à la fois lucide et optimiste, quand on prend pleine conscience de notre finitude individuelle et de la façon dont notre société nous empêche de vivre. Nous sommes des empêchés prisonniers d’un présent dont le seul horizon est de devoir bientôt mourir. Reste la foi. La question serait donc celle-ci : comment être optimiste quand on n’a pas la foi, qu’on ne croit ni au miracle, ni à Père Noël, ni aux lendemains qui chantent ? Comment réenchanter le monde, après un vingtième siècle qui fut celui des grands massacres totalitaires (Hitler, Staline, Pol Pot, Castro, Pinochet, et tant … Lire la suite…

Faut-il avoir honte d’avoir des couilles ?

J’entends avec consternation une militante écolowoke parler de « déconstruire l’homme ». Je dis « écolowoke » car, se disant « écoloféministe », elle s’autorise l’invention sémantique de concepts nouveaux et contestables. Alors, allons-y, pourquoi s’en priver ? On ne peut déconstruire l’homme comme concept, sans déconstruire les hommes, car l’un procède de l’autre : c’est bien la distinction des sexes qui est à l’origine du genre, et l’homme de chair et de couilles qui est à l’origine du concept d’homme. Et que veut dire alors « déconstruire l’homme » ? Quand déconstruire l’homme, c’est déconstruire les hommes, tous les hommes. On sait que l’enfant précède l’homme, ou que d’une certaine façon, « L’enfant est le père de l’homme ». J’emprunte cette formule au poète Wordsworth « The child is father of the man ». Déconstruire l’homme, ce qui n’est pas le réformer ou le reformater, c’est donc tuer l’enfant … Lire la suite…

L’insoluble question du libre arbitre

Cioran, avec le l’humour qui caractérise sa prose moraliste, écrit dans « Ébauches de vertige » que « s’il y avait une solution au libre arbitre, la philosophie n’aurait aucune raison d’exister ». Cette question controversée traverse en effet et la philosophie et la théologie comme une trainée de poudre. On se souvient de la violence des échanges entre les théologiens Érasme de Rotterdam (du libre arbitre) et Martin Luther (du serf arbitre). Ce dernier, retrouvant la pensée d’Augustin, nous livre une doctrine, en quelque sorte duale. Tout d’abord, il considère que l’homme n’est pas libre, car prédisposé au mal ; un penchant-péché, originel-congénital. Et, seconde dimension, cette prédisposition ne peut être surmontée-effacée que par la foi, donc par une grâce dont l’homme ne dispose pas. L’homme, marqué dans sa chair par le mal propre à son espèce depuis les temps adamiques, ne peut donc se sauver par ses œuvres : seule la foi sauve. L’homme … Lire la suite…

Il n’y a de progrès que moral

Sans doute me faut-il m’expliquer sur cet aphorisme : « Il n’y a de progrès que moral ». Je crois que « l’homme est un projet » (autre aphorisme). C’est aussi le sens de cette ancienne formule, « Deviens qui tu es quand tu l’auras appris », une exhortation que l’on doit à Pindare, un poète lyrique du Ve siècle avant le Christ (dans cette ode, il interpelle ainsi Hiéron, tyran de Syracuse). Devoir « devenir ce que l’on est », une intuition que les philosophes comme les religions ont reprise à leur compte, et qui, pour un esprit aussi peu religieux que le mien, peut constituer toute une Mystique. Il me semble que cette invite s’adresse à l’homme en tant qu’homme, de fait, à l’humanité en tant que telle. L’homme est, ce que la tradition aristotélicienne nomme une entéléchie, non pas un être parfait, mais un être ayant en soi sa … Lire la suite…

Droit et sources des droits

Les Français qui défilent chaque samedi, qu’ils soient antivax ou bien vaccinés refusant le pass sanitaire, le font aux cris de « liberté, résistance ». La question de la liberté, bien qu’elle soit centrale, n’est pourtant pas présente dans les débats autorisés, je veux dire orchestrés par la médiacratie. Mais c’est sur la question corollaire des droits que je voulais porter un regard particulier, quitte à revenir plus tard sur ce qui se joue vraiment avec le pass sanitaire. Notre déclaration de 1789 consacre les droits de l’homme naturels et imprescriptibles. C’est une approche, non seulement intéressante, mais qui me convient bien. Je défends cette idée qu’il y aurait grand danger à jouer les apprentis sorciers et à vouloir nier ou dépasser les lois de la nature. Et ce pourrait déjà constituer un clivage politique essentiel, notamment entre deux formes d’écologie, entre les progressistes qui veulent à tout crin se confronter à … Lire la suite…

Rendons justice à Emmanuel Macron

Hier après-midi, en revenant comme d’autres samedis de la manif vannetaise, j’ai souhaité rendre hommage à Emanuel Macron et, d’une certaine manière, lui rendre justice pour son action salutaire au service de notre pays. Car enfin, ce que notre président est en train de réussir est important, et nul autre que lui n’aurait pu l’obtenir ; et il s’est engagé dans cette voie difficile en sachant que, lui pourtant jeune allait y sacrifier sa réélection et peut-être gâcher sa carrière politique.  Et il savait, en choisissant cette voie si dangereuse pour son image, qu’il ne serait pas compris et que cet énorme malentendu qu’il allait créer le recouvrirait durablement comme un linceul. Car l’homme de la rue, si prompte à céder à ses humeurs, à s’enflammer sans chercher à comprendre la subtilité du coup d’échec, un coup de maître en vérité, ne pouvait comprendre et lui rendre justice. Aussi m’appartient-il de … Lire la suite…

Écologie coercitive vs écologie libertaire

Si je reste fidèle à la philosophie, par beau et mauvais temps, c’est que c’est d’abord une éthique de la pensée et qu’étant peu rigoureux et un peu paresseux, sans doute trop faible de caractère, j’ai besoin de discipliner ma vie, donc mes pensées. Car la pensée, une fois formulée dans l’intimité de l’être, s’exprime par le dire et par le faire et façonne nos vies. L’optique est donc ici essentielle : voir, évaluer, penser. La pensée n’est d’ailleurs réellement « pensée » qu’une fois dite ou mise en action, verbalisée et incarnée. De ce fait, la philosophie, qui n’est ni l’histoire scientifique des idées, ni une forgerie de concepts considérée comme fin en soi, ni une glose sans fin sur la philosophie des autres, est une pensée morale en acte ; et de ce fait, doit appréhender le tout, et souvent par son infinité de petits bouts : les questions techniques, … Lire la suite…

LGBT, sujet léger, sujet estival

La question de la sexualité ne devrait pas faire débat, sauf à ce que nos contemporains, non contents de passer leur temps à se regarder le nombril, en soient arrivés, à force de rabaisser leurs centres d’intérêt et de toujours plus courber la tête, à ne regarder que plus bas, au niveau de leur entrecuisse. Car, ce ne devrait pas être un « problème » social dans une société de liberté et de respect des individus et de leur intimité. Chacun peut être hétérosexuel, homo, ou comme Jules César, un homme pour toutes les femmes et une femme pour tous les hommes. On peut aussi préférer son chien, sa chienne, son poisson rouge, débattre des qualités de la carotte et du concombre, être sensible au prosélytisme du missionnaire ou préférer l’exotisme tantrique. On peut être fidèle ou adepte de la diversité, être prude ou montrer son intimité sur le net ou à … Lire la suite…

Confessio philosophi

Oui, le titre est un peu pédant, mais si je pensais d’abord à Nietzche qui voyait toute philosophie comme confession d’un corps – et souvent d’un corps qui souffre –, le clin d’œil à Leibniz, la mise en mots de mon pessimisme consubstantiel et désespérant, en réponse à l’optimisme de l’auteur d’une théodicée qui m’a presque convaincu, m’a convaincu de titrer ainsi cette confession. Je viens de publier deux livres – un essai politique « Étiologie d’une décadence » et une « biographie historique de Jean Mousnier de la Montagne »–, et je pensais faire une pause ; car à quoi tout cela sert-il ? Mais, malgré ce baby blues, ou à cause de lui, je vais en entreprendre ou en reprendre deux nouveaux, un « Manuel de citoyenneté puérile » et un roman. Il me faut en effet ancrer mon âme dans une forme de réalité, faute de quoi, je ne le sais que trop … Lire la suite…