Chique, bientôt les présidentielles

Écoutant la radio, regardant les écrans médiatiques, j’entends et je vois que la France est déjà entrée en campagne présidentielle. La politique va donc nous aspirer et j’aurai bien du mal à me préserver de cette effervescence des organes de presse qui va aller croissante, jusqu’à l’orgasme final, prévu en 2022. Et puis les choses retomberont. Plus c’est long, plus c’est bon ; est-ce si sûr ?

Est-ce bien si sûr ? Sera-ce l’occasion de débattre des questions de fond ? Évidemment non. Car la presse est complice et s’ingéniera à parler de tout sans jamais organiser de vrais débats sur les vrais sujets, avec de vrais contradicteurs. Et toute question qu’elle posera à ses invités sera viciée de ces présupposés implicites : sachant qu’étant acquis que les hommes ont tous les droits sur la nature, étant admis que les grandes démocraties ont su raffiner leur système politique au mieux, étant incontestable qu’en occident les gens sont libres et que notre système est indépassable, pensez-vous que … À croire que Francis Fukuyama les a tous convaincus. Tout est bien dans le meilleur des mondes, si ce n’est un certain réchauffement climatique, et le choix qu’il nous appartient de faire entre une personne qui ne fera pas grand-chose si elle est élue, et une autre, qui n’en fera pas plus.

Les médias sont rompus à cet art de la collaboration, aux ordres du Marché qui nous gouverne en s’appuyant sur la haute administration, cet état profond que peu osent nommer, et dont Emmanuel Macron n’est qu’un produit, avant d’en être aujourd’hui un mandataire brillant. Le Marché a choisi son candidat, reste à la presse à le faire élire, bientôt réélire. D’abord organiser un duel entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron et puis expliquer aux Français qu’ils ont deux devoirs : celui, civique, de voter et celui, moral, de ne pas donner leur voix au Front National.

Dressage des consommateurs par le Marché, formatage insidieux des électeurs par les médias, dictature du politiquement correct, moraline des intellectuels fonctionnarisés, paresse du peuple, peur de l’inconnu, goût du confort, apprentissage millénaire de la servitude. L’homme est un animal de rente. On dit que « l’homme est un loup pour l’homme ». Je le vois plutôt, en référence à la fable, comme un chien qui cherche son maître et dont le fantasme est de dormir au soleil, au pied de sa niche, gardant sa gamelle comme le plus grand des trésors. Les prétendants à la présidence ne nous parleront que de ça, nos gamelles ; jamais de ce collier qui nous étrangle, jamais de cette laisse qui nous tient attachés quand nous ne dormons pas au pied de notre maître, espérant qu’il nous jettera un os à ronger. Rien ne changera tant que les hommes accepteront leur servitude, et ils l’accepteront tant que leurs maîtres sauront leur garantir le minimum pour survivre : du pain, des jeux, la foi déraisonnable et quasi religieuse en l’avènement de jours meilleurs.

Le réchauffement climatique est venu détruire cette croyance. Les hommes commencent à comprendre qu’ils vont souffrir, que leur avenir est bouché, que seuls les maîtres auront les moyens de s’en sortir sans trop de dommages. Où l’on voit les limites du syndrome de la grenouille quand le GIEC affole les grenouilles.

Trop d’écologistes nous disent qu’il faudrait changer notre système de développement. Je conteste cette analyse qui fait la part trop belle au statu quo. Il faut substituer à notre « modèle de développement » un « mode d’existence » respectueux de l’homme et de son environnement. Et je ne joue pas sur les mots. Il faut sortir de nos têtes trop formatées ces notions de « système » et de « développement ». Il faut cesser de croire que nous avons aurions des droits sur la nature, cesser de prétendre que nous vivons en démocratie ou que nous sommes libre. Il faut inventer un nouveau mode de vie, non seulement compatible avec les capacités de la planète, mais permettant aux hommes et aux femmes de trouver leur bonheur. Soyons plus précis. L’objectif doit être de permettre à chaque être vivant, homme ou bête, de vivre dans un environnement sain, sécurisé, où il puisse avoir l’impression d‘être libre, c’est-à-dire, où il ne soit pas en cage. Personnellement, je n’adhérerai à aucun autre programme et ne soutiendrai aucun autre projet. Et refuserait tout projet écologiste qui souhaiterait me mettre en cage, me faire vivre dans un zoo, soigné et nourri par le système.

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