Confessio philosophi

Oui, le titre est un peu pédant, mais si je pensais d’abord à Nietzche qui voyait toute philosophie comme confession d’un corps – et souvent d’un corps qui souffre –, le clin d’œil à Leibniz, la mise en mots de mon pessimisme consubstantiel et désespérant, en réponse à l’optimisme de l’auteur d’une théodicée qui m’a presque convaincu, m’a convaincu de titrer ainsi cette confession.

Je viens de publier deux livres – un essai politique « Étiologie d’une décadence » et une « biographie historique de Jean Mousnier de la Montagne »–, et je pensais faire une pause ; car à quoi tout cela sert-il ? Mais, malgré ce baby blues, ou à cause de lui, je vais en entreprendre ou en reprendre deux nouveaux, un « Manuel de citoyenneté puérile » et un roman. Il me faut en effet ancrer mon âme dans une forme de réalité, faute de quoi, je ne le sais que trop bien, elle va continuer à flotter, comme faseille une voile non bordée sur un voilier sans cap bousculé par la vague et égaré par les courants. Je n’aime pas travailler, mais le vide me fait peur ; et faute de m’amarrer fermement à quai ou me tenir à un cap en m’appuyant, courbé, sur le vent, c’est le vide qui m’attire et m’aspire. Le grand n’importe quoi de l’oisiveté humaine, celle qui produit les alcooliques et les criminels. Avec un peu de chance, peut-être ne finirais-je pas sur l’échafaud ?

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