Le mécréant

Vous l’avez remarqué, je viens de reprendre la forme de ce blog qui avait vieilli. Oui, lui aussi… À l’origine, je l’avais nommé lemescréant.fr, puis, sous la pression d’une actualité chargée et marquée par un semblant de croisade islamiste contre les mécréants, j’avais choisi, pour couper court aux malentendus, de le renommer ; et bien que l’usage du « s » dans mescréant fût sensé évoquer, en renouant avec une graphie obsolète, un tout autre univers, celui des êtres qui mescroient : « Jhesu Crist m’envoit honte a la mort se je vous ai menti de mot ! Frans quens, c’est péchiés de mescroire ». Mais tout lecteur ne prend pas le temps de comprendre ce qu’il a sous les yeux. Mais j’ai toujours gardé dans ma présentation intime, cet aveu de mescréance. Je le retrouve dans cet onglet « qui suis-je ? » que j’ai rebaptisé : « Ecce Homo ! » On n’en sort pas vraiment.

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La vie est belle !

Je suis toujours aussi fasciné par la réclame et Julia Roberts est vraiment une très « pretty woman », mais la pub de Lancome – voir l’image – est assez nauséeuse par le parfum qu’elle exhale. En fait, je la trouve passablement puante, et elle me ferait plutôt gerber. Oui, la vie est belle quand on est jeune, jolie, riche comme Julia… Mais afficher ce message sur des abribus où parfois attendent des gens modestes qui vont bosser pour gagner tristement, non pas du parfum pour séduire, mais de quoi payer leur loyer et nourrir leurs gosses, est assez moche. Et je pense à tous ces gens qui ne sont ni plus très jeunes, et donc déclassés par une société « jeuniste », ni vraiment beau, donc handicapés dans une société des apparences où la mode fait sa loi, et suffisamment pauvres pour se sentir méprisés par ceux qui promeuvent la théorie du ruissellement et le « travailler plus pour gagner moins ». Je pense à tous ceux qui trouvent la vie qu’on leur fait moche et aimerait bien la changer pour une vie au moins digne. Oui, je viens de trouver le mot juste pour évoquer mon malaise : je trouve cette pub, comme tant d’autres, ignoble. Et je n’ai pas de mots pour ceux qui ont permis qu’elle existe et s’affiche ainsi et salisse l’espace public.

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Un maire jette l’éponge

Maire de St Brévin

J’entends ce matin à la télé Bruno Le Maire s’offusquer des agressions subies par l’édile démissionnaire de Saint-Brévin, s’en scandaliser – c’est la moindre des choses – et en appeler à plus de répression. On ne peut évidemment qu’être choqué par le sort fait à Yannick Morez et je ne chercherai aucune excuse à ceux qui ont brûlé ses voitures au risque d’incendier sa maison. Mais on aurait pu attendre du ministre autre chose que des propos de circonstance, sans profondeur, donc sans intérêts. Aucune analyse…

Cette classe politique énarquienne est décidément, soit d’une grande médiocrité, ce que j’ai peine à croire, soit experte en enfumage. Ce qui est facile, quand on est bien formé à ce jeu pervers et face à une journaliste qui vous sert la soupe.

Je le redis assez insistance à qui veut bien m’entendre radoter, notre société déliquescente est bien confrontée à des problèmes existentiels que je hiérarchise ainsi – voir mes derniers ouvrages parus : la perte progressive des libertés individuelles, la destruction systématique de notre environnement naturel, la montée irrépressible de la violence. Ma liste ne s’arrête pas là.

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Légitimité démocratique

Alors que les relations entre décideurs et usagers se tendent et que les conflits sociaux augmentent en nombre et en intensité, les procès en illégitimité fleurissent. Et je voulais évoquer les trois formes de légitimité que l’on peut « légitimement » invoquer.

Il y a certes la légitimité représentative, en politique et pas seulement, qui permet de se prévaloir d’un mandat – plus ou moins impératif. Évidemment, quand on est élu avec un taux record d’abstention qui voisine ou dépasse les 50%, cette légitimité sortie toute propre des urnes est entachée. Et c’est l’un des avantages, et non des moindres, de l’élection des députés par le sort. S’affranchissant du vote, il évite cet écueil.

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Réactionnaire assumé

J’entendais récemment Michel Onfray répondre, alors qu’on le présentait comme un gaulliste de gauche, qu’il était prêt à abandonner le qualificatif « de gauche ». Qu’a-t-il voulu dire ? Il ne s’en est pas expliqué. Personnellement, plus je crois comprendre de Gaulle, plus je me sens gaulliste, mais sans rien renier de mon enracinement à l’extrême gauche d’un échiquier qui n’est qu’une façon comme une autre d’opposer les uns aux autres, souvent sur des sujets mineurs, donc loin de l’essentiel ; et sur un schéma un peu étroit de lutte des classes.

De Gaule n’était pas de gauche, évidemment. Était-il de droite ou du centre ? À l’évidence, il avait une certaine idée de la France et du Peuple.

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