Pauvre démocratie.

M. Copé, commentant la primaire de son parti pour la prochaine municipale parisienne, a déclaré dimanche dernier dans une émission de télévision, et je crains qu’il ne plaisantât pas : « A l’UMP nous apprenons la démocratie, et c’est nouveau ». Ainsi, le leader désigné – mal désigné – d’une des deux principales formations politiques de notre pays déclare « apprendre la démocratie ». Dont acte. Cette déclaration, qui est moins un aveu qu’une maladresse, montre néanmoins le problème français qui est d’ailleurs le mal plus ou moins congénital de toutes les démocraties parlementaires : ces démocraties sont très faibles, et toutes les affaires récentes montrent à quel point l’état de droit y est peu consistant, et l’opinion des peuples méprisée. Les origines du mal sont évidentes, et tiennent à la nature même de l’homme ; mais les spécificités françaises en aggravent les conséquences. Et il est peut-être intéressant d’en rappeler les termes, même si tout a … Lire la suite…

Le retour des questions morales.

Je suis tout à la fois surpris et ravis de voir qu’en cette fin de premier semestre les questions morales occupent une telle place dans le débat public hexagonal. Evidemment, ce débat rampe un peu, se traine dans la poussière politicienne alors que l’on attendrait un peu plus de hauteur, en d’autres termes une approche philosophique ; mais ne boudons pas notre plaisir et accueillons ces débats comme autant d’augures d’un retour de la politique. Qu’il s’agisse de la farce cahuzacienne, ou du mariage homo – ce sacrement laïque sensé laver plus blanc en permettant aux homosexuel de s’orthonormer, car rappelons qu’un homo est d’abord un hétérodoxe, ou du moins le tenant d’une hétéropraxie sociale –, ou qu’il s’agisse encore de la liberté religieuse et de la laïcité qui semble devoir être écornée, dans la rue, à coups de cutter, ou dans l’entreprise par quelques projets déposés sur le bureau de … Lire la suite…

Identité et tradition.

Il y a encore peu d’années, Nicolas Sarkozy, président de la république, gardien de ses valeurs et comptable de sa paix sociale, mais apprenti sorcier à ses heures – sombres – engageait un débat mort-né sur l’identité nationale. La question était non seulement sensible dans un contexte conjoncturel particulier, mais elle était et reste essentielle. Il était donc légitime de la poser et lui, au sortir des urnes, pouvait prétendre avoir l’autorité pour le faire. Mais il fût, sur ce sujet comme chaque fois, incapable, au-delà d’un effet d’annonce manœuvrier, de gérer ce qu’il saisissait, et il a donc gâché une belle occasion d’entrer dans le vif d’un sujet proprement existentiel. Son successeur, produit banal d’un parti qui n’a de socialiste que le nom et qui préfère user ad nauseam de concepts éculés et vidés de leur sens dans des rhétoriques creuses plutôt que de faire des choix politiques, s’est … Lire la suite…