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Islamophobe ?

C’est vrai, je produis moins depuis quelques mois… Fatigue ? Sentiment d’impuissance face à une nation qui marche sur la tête. Et sans vraiment se poser la question : mais vers quoi ?

À entendre une certaine gauche (qui n’est pas la mienne) invectiver à tout va, je m’interrogeais sur le droit d’être islamophobe. Mais c’est pour répondre sans hésiter que si l’antisémitisme est un délit, l’islamophobie n’en est pas un. Et c’est bien normal. Car l’antisémitisme est un racisme dirigé contre des personnes en raison de leur appartenance à un peuple, une ethnie. Le terme est d’ailleurs malheureux, car ce concept a été forgé au XIXᵉsiècle par Wilhelm Marr pour désigner spécifiquement la haine des Juifs, mais indépendamment de l’étymologie biblique qui considère que les Arabes sont aussi des Sémites (descendants de Sem, fils de Noé).

Par contre, l’islamophobie n’est pas un racisme, mais une opinion – ici négative – sur une religion, l’Islam. Évidemment, si cette opinion conduit à des discriminations, des violences, des appels à la haine, toutes ces dérives sont justement pénalement condamnables. Comme d’ailleurs toute violence religieuse, idéologique, « politique ». Mais quand on parle d’«islamophobie» pour désigner des actes anti-musulmans, on confond une opinion et ses dérives : l’acte reproché est celui de quelqu’un qui est incapable de distinguer une idéologie religieuse et ses lois, et des croyants sincères qui ne demandent qu’à vivre leur foi paisiblement.  

Insistons, pour la justifier, sur cette distinction, peut-être trop subtile pour des esprits aveuglés par leur idéologie. Elle est fondamentale : critiquer l’Islam comme religion (ses doctrines, ses pratiques, son histoire), ou le Christianisme, ou encore le Judaïsme, relève de la liberté d’expression. Et c’est un droit. S’en prendre aux musulmans ou aux chrétiens, ou aux juifs, en tant que personnes, compte tenu de leur foi, les discriminer ou appeler à la haine contre eux est un délit, et, dans certaines conditions, un crime.

Pour ma part, si j’avais vécu au XVIIIe siècle, j’aurais été christianophobe. Et je me serais battu auprès de Voltaire ou Dixderot, d’Holbach, La Mettrie, Helvétius, pour exiger une laïcité rigoureuse. Et la loi de 1905, que je n’aurais donc pas connue, et qui n’emploie jamais les termes « laïcité » ou « laïc » ne m’aurait de toute façon pas satisfait. Ce n’est en effet qu’une loi de Séparation entre l’État français et les religions. Et si les territoires français annexés alors par l’Allemagne n’étaient pas concernés, la question de l’Islam n’était pas non plus traitée.

Je le confesse donc. Je suis depuis mon adolescence un militant antireligieux, mais respectueux de tous ces croyants qui trouvent leur vérité dans la Torah, le Nouveau Testament ou le Coran. Et loin de moi l’idée saugrenue de violer les consciences, de discriminer ceux qui ne pensent pas comme moi, ou d’interdire les religions. Du moins tant qu’elles ne troublent pas l’ordre public, ou ne portent pas profondément atteinte à l’unité d’un peuple, dont la culture historique est tout d’abord gréco-latine, puis judéo-chrétienne.